Gabon : Lecture sémiologique du couplet de Tommy Tom dans « GNTOM ~ Ma Life feat Tiss Warren Jazz » 

LE COFFRET

KRIST KRIST
KRIST KRIST
De son vrai nom Jilkrist BINGANA MOMBO, Krist est un critique d'art de 25 ans. En Master recherche de Lettres Modernes, il est également un artiste auteur compositeur. C'est à la croisée de la littérature et de la musique que Krist nous propose des lectures interprétatives des textes de chansons. Depuis février 2022, il est contributeur à Inside News241.

L’univers dans lequel je m’en vais vous plonger a un nom : Il s’appelle « univers des possibles ». Il consiste à explorer les possibilités interprétatives des textes de chansons, afin de ressortir un infini de sens et de conclusions, auxquelles même leur auteur ne s’attendait pas. Ici parle le texte par lui-même.

Comme le titre le laisse entendre, il s’agit ici de retracer une expérience particulière de la vie. Celle-ci s’inscrit dans une dualité des topiques, de l’être et des influences. 

Remarquons d’emblée que la symbolique dans ce texte associe la ville à l’ivresse et le village à la communion. D’abord, Tom présente sa vie en alternance entre la ville et le village, le clubbing de la ville et le vivre ensemble de la campagne. L’artiste nous révèle son goût pour les festivités (ou les sorties) en boîte de nuit par exemple. C’est un bon vivant. En clair, il nous dit qu’il a « le goût de la vie », mais il sait aussi apprécier une nuit au village, dans une atmosphère de communion c’est en ce sens qu’il déclare « beaucoup me tendent la main ».

Bien qu’habitant les deux lieux avec aisance, Tommy Tom marque sa préférence en associant la ville (matérialisé dans la regab) au silence. « Je n’ai  plus rien à dire j’suis bourré dans ma regab » écrit-il comme pour dire qu’en milieu urbain il est sans voix et ne peut pas exercer l’activité qui lui est intrinsèque : le chant. De l’autre côté, le village est le lieu d’explosion de son essence, il s’y réalise pleinement. En ce sens, il écrit « Nous on chante que la nuit ça pète au corps de garde ». 

Sa présence au corps de garde, ce lieu réservé aux « anciens », nous conduit dans le deuxième étage de la dualité dans ce couplet.

Tom se présente lui-même dans cette situation de dualité par la répétition d’un cri « Iya (+12 fois)». Par cet  indice, il se constitue dans un premier temps en nourrisson. Le cri qu’il pousse est  assimilable à celui d’un nourrisson et le présente comme tel; mais il est aussi la marque d’affirmation de sa paternité. Tom est un créatif, il donne naissance à des œuvres artistiques qui lui assurent le statut de père. S’exprime ici par relation de cause à effet : Une maturité nécessaire pour enfanter et une jeunesse inextricable qui pleure encore. Tom est ainsi le père mais aussi le nourrisson. 

Au niveau intertextuel Tom répète cette ambivalence entre le jeune et le vieux. En effet, il est notable que des particules mélodiques auxquelles nous avons été sensibles, semblent tirées de chansons de deux périodes différentes. Il s’agit de jardin d’hiver d’Henri Salvador, sortie en 2000. Et de « away » d’Oxlade sorti en 2020. Ces deux puits qui ont influencé la composition du couplet de Tommy Tom rattachent le chanteur à deux époques distinctes de 20 ans. Deux époques dont il se fait le représentant.

En somme, le couplet de Tommy Tom dans Ma Life  s’inscrit dans une dynamique de juxtaposition d’images antagonistes. L’artiste nous dévoile son mode de vie à la croisée de l’urbain et du rural, du jeune et du vieux, du moderne et de l’ancien.

ACTUS :  

Nous vous recommandons vivement d’écouter le  deuxième volet de la collaboration entre Tommy Tom et GNTIK GNTOM 2, en ligne depuis février 2022.

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