Gabon : en dépit d’une gouvernance opaque, le FGIS hérite de la gestion des crédits carbones évalués à 1200 milliards de fcfa

LE COFFRET

Bien qu’au coeur d’une opaque « galaxie », qui n’a cessé de s’étendre au fil des ans comptant désormais pas moins de neuf filiales (Gabon Power Company, Okoumé Capital, FMCT, RISE, Luxury Green, SCG-Ré, Seteg, ou encore l’OPN), qui peine cependant à prospérer si l’on se réfère notamment au peu de résultats visibles, le FGIS vient d’hériter de la gestion des crédits carbones du Gabon. Évalués à quelque 1200 milliards de fcfa, ces crédits carbone s’ajoutent donc à la longue liste des intérêts gérés par un Fonds au cœur de nombreux griefs.

C’est une annonce qui a de quoi surprendre quand on sait les nombreux griefs à mettre à l’actif du Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (FGIS). Gestionnaire exclusif du Fonds Souverain de la République Gabonaise et des participations non-attribuées du portefeuille de l’État gabonais, l’entité créée en 2012 et gérée à ce jour par Akim Daouda, devrait contrôler l’entièreté des devises générées par la gestion des crédits carbone comme annoncé par le Pr Lee White, ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat et du Plan d’affectation des terres, en marge de la Semaine africaine du climat.

Offrant aux pays africains une opportunité de se protéger contre le changement climatique tout en levant des financements indispensables pour la transition vers les énergies renouvelables, comme affirmé par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), les crédits carbone qui peuvent générer entre 15 et 82 milliards dollars par an selon le prix du carbone, sont une aubaine pour de nombreux pays dont le Gabon. Encore faudrait-il qu’ils soient gérés de façon responsable, ce qui au regard des récriminations faites au FGIS notamment par le Fonds monétaire international (FMI) en 2021, laisse planer un certain doute. Faut-il rappeler que le rapport des services du FMI pour la négociation du programme FEP conclu en juillet 2021 relevait que « l’audit du FGIS mené jusqu’en 2020 avait mis en lumière des faiblesses relatives à la gouvernance, à l’organisation et la gestion des investissements » ? Notant au passage un manque de transparence et de stratégie financière du Fonds Souverain de la République gabonaise (FSRG).

Ainsi, bien que n’ayant jamais réellement « contribué à l’accélération du développement du Gabon » comme convenu dans sa feuille de route, et ce, en grande partie du fait d’une gestion peu « responsable, saine et transparente », le FGIS est désormais l’entité habilitée à échanger des crédits carbones à l’intérieur et à l’extérieur du Gabon. Une décision qui selon le Pr Lee White, vient renforcer la volonté du gouvernement d’apporter des solutions à l’action climatique, qui sera au cœur des négociations lors de la COP27. 

Souhaitant créer jusqu’à 187 millions de crédits carbone dont « 90 millions seront vendus » sur le marché des compensations « aux alentours de la COP27 » prévue en novembre prochain au Caire, comme annoncé par le ministre gabonais de l’environnement lors de la réunion des pays du Commonwealth organisée au Rwanda entre les 20 et 26 juin, le Gabon qui pourrait revendre des crédits carbone pour « 2 milliards de dollars », place donc le FGIS en pilier de sa transition énergétique. Ce même FGIS qui vient d’injecter plus de 15 milliards de fcfa en 3 ans pour la promenade Nord et 12 ha viabilisés de terre sur une des trois zones dévolues au projet la Baie des rois.

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