Gabon : inflation galopante, volatilité des prix, dégradation de la qualité des produits, à quoi sert encore la DGCC ?

LE COFFRET

Censée « assurer et garantir une concurrence saine et loyale dans le marché », mais surtout de « protéger les consommateurs dans leur vie quotidienne, et de contrôler la qualité des biens et services », la Direction Générale de la Concurrence et de la Consommation (DGCC) assume de moins en moins son rôle. Plus discrète que jamais, en dépit d’un contexte qui devrait la mettre en lumière, l’administration dirigée par Luther Abouna Yangui, brille par son absence et son incapacité à réguler un marché où se mêle désormais volatilité des prix et dégradation de la qualité des produits. 

Placée sous la tutelle du ministère de l’Economie et de la Relance, anciennement ministère de l’économie, des finances, du budget et de la

privatisation, la Direction Générale de la Concurrence et de la Consommation (DGCC) avait entre autres pour missions, « de concevoir la réglementation générale en matière de concurrence et de consommation, de garantir le fonctionnement régulier des marchés, de prévenir les pratiques anticoncurrentielles et de pourvoir à leur répression et surtout de suivre l’évolution du marché et des prix ». Un peu moins de 30 ans après sa création, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Résumant son activité à l’incinération de produits notamment de cartons de poulets avariés, l’administration dirigée par Luther Abouna Yangui s’est littéralement perdue en chemin. 

En effet, alors que l’inflation atteint des sommets avec des denrées de première nécessité dont le prix crève désormais le plafond à l’image des cartons de poulets qui s’échangent désormais à plus de 11000 fcfa chez certains distributeurs, du morceau de pain à 100 fcfa ou de la baguette amincie à 125 fcfa, du bidon d’huile de 5 litres à 7000 fcfa, le prix de la sardine qui a augmenté de 30%… la DGCC reste impassible.

Dans l’incapacité, ne serait-ce que de faire respecter la mercuriale des prix qu’elle a elle-même homologuée, l’entité administrative dirigée par l’ancien directeur général de la Caisses de stabilisation et de péréquation, est de plus en plus loin du compte. Au grand dam des ménages qui voient leur pouvoir d’achat dégringoler au fil des semaines, voire des mois. 

Absente de tout contrôle même au niveau de la réglementation. Dans l’incapacité de faire appliquer les normes en vigueur qui ont pourtant fait l’objet d’une longue série de séminaires payés par le contribuable. Dans l’incapacité « d’assurer la défense et la protection des intérêts des consommateurs, d’informer, d’éduquer et de conseiller les agents économiques (…) de constater et de réprimer les infractions à la réglementation de la concurrence et de la consommation, conformément aux textes en vigueur », la DGCC est à la peine. Une situation ouvrant la porte à toutes les dérives de la part des opérateurs économiques qui n’hésitent pas à profiter de ses largesses. 

Loin des consommateurs qu’elle était censée servir et « protéger dans leur vie quotidienne ». Loin du gouvernement à qui elle était censée donner des informations « sur l’évolution des prix et ainsi signaler toute hausseanormale, d’en déterminer les causes et de proposer toutes mesures propres à y remédier » comme indiqué dans son cahier de charge. La DGCC est de plus en plus transparente alors même qu’elle devait veiller « à la transparence des procédures », ce n’est d’ailleurs pas un hasard si certaines prérogatives lui ont été amputées.

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