Gabon / réforme du « 9 fort » : le gouvernement recule face à la polémique

LE COFFRET

Après la polémique née il y a quelques jours, suite à la normalisation du « 9 fort » pour passer en classe supérieure, le ministère de l’Education nationale a recadré les choses ce lundi 16 mai, en réaffirmant par la voix de son secrétaire général que seule l’obtention d’une moyenne supérieure ou égale à 10/20 permettra de valider une année académique.  

Ce fût assurément LE sujet de la semaine qui s’achève. A la faveur d’une communication interne, la direction générale de l’enseignement scolaire et normal imposait aux  chefs d’établissements du secondaire d’ « accorder une indulgence aux élèves dont la moyenne annuelle sera comprise entre 9,50/20 et 9,99/20 », et de les faire passer en classe supérieure.  La note, datée du 12 mai 2022, conditionnant cependant cette indulgence à certains critères, dont « la fréquentation régulière durant les trois trimestres, la conduite irréprochable de l’apprenant, et des progrès dans son travail »

Il n’en fallait pas plus pour que la population dans son écrasante majorité y voit un nivellement par le bas de l’école gabonaise. Sinon, la pratique d’une école au rabais. Car si le principe d’indulgence a cours dans nos établissements depuis belle lurette, il n’était jusque-là pas imposé au corps enseignant qui se penchait sur les différents cas à chaque fin d’année scolaire. C’est dire que l’institutionnalisation du « 9 fort » pour un passage en classe supérieure avait du mal à être acceptée. 

Le rejet de cette réforme par les populations a eu un écho tel qu’il a contraint la tutelle à revoir sa copie. C’est ainsi que lundi dernier, le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Valentin Mbouma, a rappelé sur les antennes de la télévision nationale que « le passage en classe supérieure est subordonné à une moyenne supérieure ou égale à 10/20 ». Non sans inviter les directions d’académies provinciales à veiller à l’application de cette disposition. 

Il faut dire que le niveau scolaire au Gabon est en baisse progressive depuis plusieurs années, de l’avis de tous. Entre le faible financement de ce secteur, des années scolaires toujours plus entrecoupées de grèves, les classes bondées, des parents de plus en plus démissionnaires de l’éducation de leur progéniture, et des enfants finalement moins concentrés, le mal est profond. Vivement des solutions urgentes pour la renaissance de cette école publique qui a tant fait par le passé. 

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