Le Billet sarcastique : il n’y a rien qu’on puisse faire avec un costume, qu’on ne puisse faire en jean

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour décrit une expérience dont a été témoin Serge Abslow lui-même, dans une administration de la capitale. Un quiproquo qui aurait pu être réglé en moins de temps qu’il n’en a pris, si et seulement si l’un des interlocuteurs n’avait pas laissé son statut lui monter à la tête. Tout ça, pour un jean. Lecture en dix points.

« 1. J’ai été témoin d’une scène la semaine dernière. Pour les besoins d’organisation d’un « business meeting », en partenariat avec un ministère, une réunion de mise au point a été improvisée la veille. Nous devions y prendre part, sur invitation bienveillante du Dircab du ministre. 

2. Me voilà donc avec 2 collaborateurs en route pour le ministère. Conscients de notre tenue inadaptée en administration centrale (jean et chemise), nous avions pris soin de prévenir nos hôtes, fort de ce que nous pourrions être empêchés d’accès aux bureaux par l’agent de sécurité. 

3. Vue l’importance de la réunion, gentiment, le Dircab a pris sur lui de nous autoriser à arriver, s’engageant à intercéder en cas de problème. Une fois sur les lieux, nos craintes vont pourtant se confirmer. A peine entrés au hall, voilà que le vigile nous invective littéralement en ces termes : « vous êtes sérieux ? »

4. Cette interrogation nous est adressée dans un ton à la fois réprobateur, provocateur et incroyablement discourtois. Mon collègue tente vainement de lui expliquer la raison de notre accoutrement qui est commandée par une urgence administrative. 

5. Mais le quidam vire quasiment à l’agression verbale en levant le ton et en insufflant sans trop le dire, que qui que ce soit que nous sommes venus rencontrer, tant qu’il serait garant des règles en matière d’accoutrement, nous n’entrerions pas. 

6. Son intransigeance tournant presqu’à l’acharnement, j’entreprends donc d’appeler le Dircab pour l’informer de la tournure des évènements. Il décide de descendre pendant que le soldat continue de nous tancer vertement. 

7. C’est sur ces entrefaites que le Dircab survient, le prenant en flagrant délit d’invective et de vocifération, profitant de ce que je lui ai reproché entre temps, que le fait d’avoir raison ne lui donnait pas le droit de s’adresser à nous en des termes totalement déplacés.

8. Devenu furax, il snobe proprement le Dircab qui essaie, avec la courtoisie nécessaire, de le ramener à la raison. Mais l’homme est déjà sur le pied de guerre et entend se faire respecter. Il passe de furax à hystérique tant notre zen attitude l’insupporte.

9. Le Dircab finit par perdre patience et lui demande après moult intercessions, d’inscrire l’incident sur la main courante en spécifiant clairement qu’il s’en porte garant. Après avoir décliné son identité, il nous invite poliment à monter et nous laissons ce quidam à ses délires militaires. 

10. Ce type d’incident est récurrent dans nos administrations. Ceux qui ont mis en place un dress-code pour pratiquer l’administration n’ont pas été bien inspirés. Pour la simple raison « qu’il n’y a rien qu’on puisse faire en costume qu’on ne puisse pas faire en jean ». Le contraire est quant à lui vérifié.

Sarcastiquement vôtre ! »

Serge Abslow, chroniqueur

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