Le Billet sarcastique : quand le rêve et l’ambition sont morts, plus rien de grand n’est possible

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour est une critique sévère de la gouvernance du Gabon depuis 13 ans. Notre chroniqueur estime que le pays patauge dans le néant à travers du « tricotage », du « bidouillage », du « saupoudrage » et du « bricolage ». Lecture en dix points.

1. Ils ont beau se démener comme de beaux diables, il n’y a plus rien de positif qui puisse venir de ces gens. Pour cause, ils sont au maximum de leurs capacités. Ils ont définitivement atteint l’asymptote du meilleur d’eux-mêmes. Plus rien de bon ne viendra de ça. Leur capacité à agir positivement est à jamais prisonnière du reflexe du mensonge qui caractérise le modus operandi des marchands du rêve inabouti. 

2. L’émergence promise à plus que jamais du plomb dans l’aile et le grand bluff qui a duré 13 ans a fini par se révéler une belle utopie. 13 ans à ramer à du patinage artistique en vendant du vent et en produisant du néant malgré une valse des des émergents convaincus. Ces « lumière » dont on nous disait un grand bien, se sont relayés à la tâche, entrant, sortant puis rentrant à nouveau dans leurs gouvernements successifs souvent pléthoriques et suppléés par les mêmes collaborateurs politicards. 

3. Tout ce beau monde est devenu tellement prévisible qu’il ne surprendra plus jamais personne, tant ils ont atteint et dépassé le comble de l’immobilisme. 13 ans de tricotage, de bidouillage, de saupoudrage et de bricolage sans fin pour conforter une action qui s’est obstinément inscrite dans un minimalisme et un misérabilisme triomphants. 

4. Pendant le même temps, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Bénin et le Ghana ont changé le visage de leur pays et de leur capitale respective en les dotant d’infrastructures modernes dignes des pays développés. Les routes, les autoroutes, les échangeurs, les ponts, les ports et les aéroports sont visibles et palpables et de relèvent pas de l’incantation. En revanche, chez nous les symboles de notre abaissement sont perceptibles. 

5. Ce pays où on construisait des téléphériques, des chemins de fer, des ports et des aéroports il y a 50 ans, en est aujourd’hui réduit à célébrer des promenades jonchées de cases en bois. Ce même pays qui abritait déjà il y a 50 ans, les plus puissants émetteurs d’Afrique pour donner de la voix à la 1ère radio panafricaine, est réduit à célébrer en grande pompe à la face du monde, un plateau de télévision offert par un commerçant expatrié et fabriqué par un menuisier étranger. 

6. Dans ce même pays devenu improbable, on voyageait il y a 50 ans avec des avions à réacteurs de dernière génération, et nous voilà réduits aujourd’hui à risquer nos vies dans des « coucous » à hélices qui transportent le courrier sous d’autres cieux. Air Gabon, fleuron de l’aviation civile en Afrique noire il y 50 ans, et qui desservait tout le Gabon, a cédé la place à Afrijet, compagnie privée qui, paradoxalement, fait fortune en desservant exclusivement Franceville. 

7. Bienvenu en 2022 dans ce pays paranormal qui décore ses artistes musiciens sans leur garantir les droits d’auteurs et sans construire la moindre petite salle de spectacle dans tout le pays. Où se produisent ces artistes et de quoi vivent-ils au quotidien ? Le plus triste c’est quand eux-mêmes participent à ce foutage de gueule pour aller porter le micro et promouvoir une « baie des bois » qui aurait dû être la Baie des Rois. 

8. Ce pays finit par épuiser l’âme et l’esprit de ceux qui rêvent encore de sa grandeur pendant que cette ambition semble s’être éteinte définitivement et irréversiblement dans le cœur de ses dirigeants et d’une grande partie du peuple. Il n’y aura donc plus jamais rien de grand avant longtemps ? Il ne nous reste plus que les discours et ces programmes de propagande dont le PAT est une énième variante.

9. Il continue d’être, en dépit des belles paroles et des belles promesses, incroyablement inopérant au regard de la misère sociale qui gagne et étrangle le peuple et dont l’inflation galopante actuelle non maîtrisée, est un tour de vis supplémentaire qui finira par l’achever.  Il faudra bien plus que des discours, des promesses et des décorations ponctués par des concerts populaires pour convaincre et ressusciter le rêve et l’ambition. 

10. De toute évidence, au regard de l’impressionnant défilé militaire du 17 août dernier, message subliminal s’il en est pour ceux qui savent lire dans les signes, il est clair et net que l’épouvantail a été sorti pour effaroucher les téméraires. Le choix de contraindre plutôt que convaincre sera une option. Et je ne peux m’empêcher de me demander, à quoi peut donc servir le pouvoir s’il tue le rêve, l’ambition et la fierté d’un peuple? 

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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