Prix à la consommation : ce plafonnement des prix en trompe l’œil du gouvernement

LE COFFRET

Autour des opérateurs économiques intervenant dans la chaîne des prix, le gouvernement a procédé jeudi dernier à la signature d’un protocole d’accord pour une application optimale d’une nouvelle mercuriale. Concernant les prix de gros, demi-gros et détail de près d’une cinquantaine de produits alimentaires importés selon diverses catégories, cette nouvelle mercuriale peine d’ores et déjà à convaincre, étant donné que la plupart des prix édictés, sont ceux pratiqués sur le marché local depuis plusieurs mois. Explications.

Les travaux de la commission interministérielle sur la vie chère qui ont débouché le 15 septembre dernier à l’immeuble Arambo, sur la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les opérateurs économiques, ont visiblement accouché d’une toute petite souris. Loin d’avoir permis de réguler une inflation galopante voire effrayante pour les ménages ces derniers mois, ces travaux ont surtout mis l’accent sur l’absence de volonté du gouvernement « d’apaiser les ménages » comme en témoigne la nouvelle mercuriale des prix.

En effet, s’arrimant aux prix pratiqués sur le marché par les opérateurs économiques sous fond d’hyper spéculation, et ce, depuis l’avènement de la covid-19, le gouvernement n’a fait qu’officialiser des tarifs loin d’être à la portée des ménages les plus défavorisés. Près de 1500 fcfa en moyenne pour le kg de poulet qui s’échangeait encore il y a quelques mois entre 950 et 1200 fcfa, 1700 fcfa en moyenne le kg de cotis de porc, 1300 fcfa en moyenne pour tout ce qui est cuisses de poulet, ailes, quarts avant, pilons de poulet. Des prix largement supérieurs à ceux pratiqués avant la covid-19.

En hausse de 40% pour certains comme le poulet, aliment favori des ménages au regard de son caractère accessible notamment, de 30% pour d’autres à l’image des produits laitiers et de l’huile qui s’échangent désormais à prix d’or chez les revendeurs (qui n’hésitent pas à feindre la rupture de stock pour jouer de spéculation avec la complicité des agents de la DGCC et des autres organes de surveillance), ces produits dont la valeur a flambé ces derniers mois, sont donc officiellement inaccessible pour une bonne partie de la population. 

Avec la complicité des ministères de l’Économie et de la Relance, du Commerce, de l’Agriculture et du Transport, les opérateurs économiques ont donc sollicité et obtenu, une mercuriale des prix à leur convenance. Déjà en vigueur, cette mercuriale qui selon le gouvernement, prend en compte quatre éléments principaux avec notamment le niveau actuel des prix des produits cibles sur le marché international, n’aura donc pour ainsi dire, aucun effet sur le panier de la ménagère, puisque ces prix sont à quelques francs près, ceux pratiqués sur le marché depuis des mois. Toujours aussi insensible aux cris d’alarmes des populations, le gouvernement a donc fait le choix de jouer le jeu des opérateurs économiques au lieu de chercher à équilibrer la balance pour les deux parties. 

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