Rentrée des classes au forceps : et si Marcel Libama avait raison ?

LE COFFRET

Prévue ce lundi 5 septembre 2022, la rentrée des classes connaît un retard à l’allumage dans le gros des établissements du Gabon. C’est le constat qui se dégage de la ronde effectuée depuis hier par la plupart des médias, dont le quotidien l’Union, qui a parlé de nombreux couacs observés. 

Entre les parents d’élèves qui sont toujours dans l’achat des fournitures et les (ré)inscriptions qui se poursuivent dans les établissements, l’on peut comprendre qu’aucun camp n’était véritablement prêt à débuter les cours ce lundi.

« D’ordinaire nous avons deux semaines pour procéder aux formalités administratives. Cette année, la tutelle ne nous a accordé qu’une semaine. C’est peu, au regard des tâches à accomplir au cours de cette période, dont l’insertion des nouveaux collégiens dans des établissements déjà en manque de capacité d’accueil, les transferts, l’établissement des emplois du temps, etc. », a confié, sous anonymat, une source au lycée public d’Awendje, à Libreville. Un nouvel établissement encore en construction, et que la tutelle a d’abord logé dans deux bâtiments appartenant initialement au Collège de Damas. Conséquences de ce micmac : le personnel administratif manque encore de bureaux, mais surtout, certaines classes devraient compter plus d’une centaine d’élèves, selon la même source administrative.

Et pour mieux ajouter à la confusion, les nominations de l’Education nationale sont intervenues le même lundi 5 septembre, alors que celles-ci sont attendues des semaines, voire des mois auparavant, pour permettre au au personnel administratif de préparer l’année sereinement. Dans ces nominations, faut-il le rappeler, plusieurs responsables d’établissements (censeurs, proviseurs, surveillant généraux, intendants, etc.) sont appelés à changer de régions. Leurs affectations tardives les amènent ainsi à être plus occupés à déménager qu’à préparer l’année scolaire.  

La déception était également du côté des parents d’élèves qui ont tenu, coûte que coûte, à être prêts le jour J. Brinda M., une jeune maman, s’est étonnée de ce que son fils inscrit en 1ère année d’une école primaire d’Owendo, se retrouve seul en classe avec la maîtresse, hier lundi 5 septembre. Elle a dit espérer que la donne change rapidement, vu qu’il s’agit d’une école privée.

Ces retards à l’allumage donnent quelque peu raison au leader syndical Marcel Libama, qui a prévenu la communauté éducative que tout était réuni pour une rentrée des classes « précipitée« . Et que ce n’était pas les allocations de rentrée scolaire payées aux fonctionnaires en fin août, en lieu et place du mois de septembre, qui comblerait cette impréparation.  

Sans lui donner tort, Geoffroy Foumboula Libeka, autre figure de la société civile gabonaise, a laissé entendre que « le gouvernement n’anticipe pas la rentrée parce qu’il se soucie des enfants, mais simplement parce qu’il se soucie des élections qui auront lieu en 2023« . Il lui faut donc vite débuter l’année scolaire, pour la terminer tout aussi vite, et se concentrer sur les joutes électorales. Et qui en paiera les frais, une fois de plus ?

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