Vie chère : quelle application pour la nouvelle mercuriale ?

LE COFFRET

Dès le 29 septembre prochain, une nouvelle mercuriale entre en vigueur au Gabon, avec le blocage des prix de 48 produits importés. Mais à l’image des précédentes mercuriales qui n’ont quasiment pas été respectées, beaucoup doutent de la parfaite application de celle-ci, et appellent déjà les pouvoirs publics à jouer véritablement leur rôle d’inspecteur. L’on s’étonne tout de même que des produits comme l’huile produite au Gabon par Olam Palm SA ne soient pas pris en compte dans cette mercuriale.

Depuis le début de la guerre en Ukraine,  le Gabon, qui était déjà dans le peloton de tête des pays les plus chers au monde, a vu les prix des produits de consommation prendre encore plus d’envol. Face à cette situation qui pèse lourd dans le quotidien des Gabonais, le gouvernement a jugé utile d’agir. Il a adopté une nouvelle mercuriale la semaine passée, laquelle se caractérise par le blocage des prix de 48 produits alimentaires importés, allant de la volaille au poisson, en passant par  les conserves, le riz et les produits laitiers.

L’accord, conclu avec les syndicats des commerçants et des consommateurs, rentrera en vigueur ce 29 septembre 2022. Mais si la nouvelle ravit, beaucoup doutent de sa parfaite application dans les jours qui arrivent. Car en l’espèce, les anciennes mercuriales ont prouvé qu’il ne fallait pas compter sur les administrations de contrôles pour faire respecter les textes.

En septembre 2017 déjà, pour ne citer que cet exemple, le gouvernement avaient bloqué les prix de 167 produits alimentaires pour une durée de six mois. Mais le respect de cette mercuriale n’avait pas toujours été au rendez-vous. « La donne est telle que les consommateurs ne remarquent pas toujours le changement, tellement les commerçants continuent d’afficher les mêmes prix, quand ils n’usent pas de ruses pour continuer à gagner sur le dos des clients », a laissé entendre un Librevillois sur la question.

Sur un autre plan, les produits importés ne sont pas les seuls à connaître une hausse de prix démesurée. Le cas de l’huile Cuisin’Or, fabriquée à Lambaréné par Olam Palm SA, mais qu’il devient de plus en plus difficile d’acheter au prix homologué, hormis dans quelques commerces comme à Cecado. Là-bas d’ailleurs, il est impossible d’acheter plus de trois litres par client, et l’achat d’huile est conditionné par l’ajout d’un autre produit, comme au Cecado d’Awoungou ou Super CKdo SNI, dans la commune d’Owendo.  C’est dire la folie des prix qui s’est emparée de notre pays.

À cause de ce méli-mélo, plusieurs Gabonais préfèrent ne plus compter sur la mercuriale et son pouvoir de stabilisation des prix. Aux entités de contrôle des prix de les rassurer en faisant leur travail, en tête desquelles la nouvelle Direction générale de la concurrence, de la consommation et des répressions financières (DGCCRF).

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