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Agro Business Group : le retour de l’État investisseur

Le rachat officialisé d’Agro Business Group (ABG) pour 4,2 milliards de fcfa marque un tournant idéologique à Libreville. Après des décennies de libéralisme parfois subi, l’État gabonais réinvestit le champ productif. Ce retour du « patriotisme économique » n’est pas une simple nationalisation, mais une réponse stratégique à la vulnérabilité alimentaire du pays, dont la balance commerciale est plombée par les importations.

L’enjeu est avant tout social. En prenant le contrôle d’ABG, l’État se dote d’un levier pour réguler les prix des produits de grande consommation par l’offre, et non plus seulement par le contrôle administratif. En produisant localement ce qui était importé, le gouvernement espère stabiliser le « panier de la ménagère » contre les chocs de prix internationaux, une nécessité absolue pour maintenir la paix sociale.

Cependant, ce retour de l’État dans l’agro-industrie sera jugé sur son efficacité opérationnelle. Le souvenir des échecs des entreprises publiques des années 80 impose une rigueur de gestion de type privé. L’enjeu pour le ministère de l’Agriculture est de transformer ABG en une entité rentable, capable d’attirer ultérieurement des partenaires privés tout en restant sous pavillon stratégique national.

Les 6,9 millions de dollars injectés visent également la modernisation technologique. Il s’agit de passer d’une agriculture de subsistance à une échelle industrielle. Ce projet est un réservoir d’emplois qualifiés pour la jeunesse rurale, offrant une alternative concrète à l’exode vers Libreville. L’État investisseur se fait ici aménageur du territoire, utilisant l’agro-industrie comme moteur de développement provincial.

Cette acquisition de plus est un message envoyé aux partenaires extérieurs : le Gabon n’est plus un simple marché de consommation pour les surplus mondiaux. En devenant acteur de sa propre souveraineté alimentaire dans un contexte où les importations franchissent régulièrement la barre des 450 milliards de fcfa par an, le pays affirme sa volonté de structurer des filières locales fortes. C’est une invitation faite aux investisseurs privés pour co-investir dans un écosystème où l’État prend désormais sa part de risque.

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