Le rachat d’Assala est un tournant pétrolier, mais aussi une opération financière lourde, dont les chiffres circulent avec des ordres de grandeur parfois différents selon les sources. Des publications sectorielles évoquent un deal autour de 1 milliard de dollars, financé notamment par 800 millions de dollars apportés par Gunvor. D’autres estimations publiques montent jusqu’à 1,3 milliard de dollars pour l’acquisition d’actifs. Ce qui compte pour l’analyse budgétaire : on parle, en équivalent, de plusieurs centaines de milliards de fcfa.
Pour donner une échelle en monnaie locale : avec un dollar autour d’environ 558 fcfa début janvier 2026 , 800 millions de dollars représentent de l’ordre de 446 milliards fcfa, 1 milliard de dollars autour de 558 milliards fcfa, et 1,3 milliard de dollars proche de 725 milliards fcfa. Ce ne sont pas des montants “neutres” pour un État : même si le service est adossé aux flux pétroliers, le risque de transfert vers la sphère publique existe toujours si les flux sous-performent (prix, volumes, coûts de maintien).
La structure est tout aussi sensible que le prix : plusieurs sources décrivent un montage où Gunvor obtient des droits de commercialisation/leviers sur les barils en contrepartie du financement, et où de nouveaux financements peuvent venir compléter l’enveloppe initiale. C’est typiquement le genre de schéma qui “marche” si la production et les prix tiennent, mais qui se tend vite si les champs sont matures, si les investissements de maintien augmentent, ou si les cours se retournent.
C’est là que l’échéance jusqu’en 2029 devient politiquement explosive : un calendrier de remboursement long transforme un coup stratégique en contrainte pluriannuelle. Le Gabon vient de s’engager en parallèle dans un programme FMI, l’opération Assala devient de facto un point de surveillance : non pas parce que “le pétrole est mauvais”, mais parce que le service financier peut rigidifier la trajectoire budgétaire, surtout dans les années où l’État doit aussi financer infrastructures, social, et apurement d’arriérés.
L’interrogation n’est donc pas idéologique, elle est de trésorerie : combien de fcfa devront sortir chaque année pour honorer le montage (remboursements, intérêts, obligations liées à l’offtake), et quel “coussin” reste-t-il pour le budget. Tant que les termes exacts et les flux ne sont pas publiés de façon transparente, le marché et les observateurs raisonneront par scénarios, et dans une zone monétaire sous stress, les scénarios pessimistes font toujours plus de bruit que les communiqués.











