C’est l’arbitrage le plus marquant de la loi de finances 2026. Le soutien des prix des produits pétroliers chute de 88 milliards de FCFA en 2025 à 12,2 milliards en 2026, soit une réduction de 75,8 milliards de FCFA, équivalente à une incroyable baisse de -86 % sur un an. Rarement une ligne budgétaire aussi sensible aura été ajustée avec une telle amplitude.
Historiquement, les subventions pétrolières constituaient l’un des principaux amortisseurs sociaux face à la volatilité des cours internationaux. En 2025 encore, elles visaient à contenir les pressions inflationnistes sur les ménages et les entreprises. En 2026, l’enveloppe résiduelle suggère un recentrage vers des mécanismes plus ciblés, au détriment d’un soutien généralisé des prix à la pompe.
Budgétairement, l’impact est immédiat. À elle seule, la réduction des subventions représente une part significative de l’effort de consolidation engagé par l’État, dans un contexte de hausse des charges de la dette et de besoins de financement élevés. Le signal envoyé aux partenaires financiers est explicite : certaines dépenses quasi-rigides ne sont plus intouchables.
Les implications économiques sont toutefois plus contrastées. La baisse du soutien expose davantage l’économie aux fluctuations des prix des carburants, avec des effets potentiels sur les coûts de transport, la logistique et certains biens de consommation. L’ajustement budgétaire se traduit ainsi par un transfert partiel du risque vers l’économie réelle.
À moyen terme, ce choix pourrait néanmoins accélérer des arbitrages structurels, en faveur d’une consommation énergétique plus efficiente et d’alternatives telles que le gaz ou l’électricité. Reste à savoir si ces ajustements s’opéreront de manière ordonnée ou sous la contrainte des prix.











