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Chômage : le Gabon doit créer au moins 50 000 emplois par an pour absorber la croissance démographique

le coup de coeur

Le chômage des jeunes demeure un problème structurel au Gabon. Selon les chiffres officiels, plus de 36% des 15-24 ans sont sans emploi. Ce taux est largement supérieur à la moyenne régionale et révèle les limites des politiques publiques en matière d’emploi depuis 2009. La création de 26900 emplois en 19 mois dans le secteur public et le secteur privé, annoncée par la Transition, est un signal encourageant, mais reste en deçà des attentes d’une jeunesse nombreuse, souvent diplômée mais sous-employée ou inactive.

Selon l’Enquête sur l’emploi et le secteur informel menée par la Direction générale de la statistique du Gabon, le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteignait 36,2% en 2023, contre une moyenne nationale de 20,4%. En outre, près de 65% des jeunes actifs occupent un emploi dans le secteur informel, souvent précaire. La Banque africaine de développement (BAD) estime que le pays doit créer au moins 50000 emplois par an pour absorber la croissance démographique et stabiliser le marché du travail à moyen terme.

Durant sa campagne, le président Oligui a promis un fonds de 20 milliards de fcfa, logé à la Banque de l’Habitat, pour financer les PME. Il a également insisté sur la refondation de la formation professionnelle, dans le but d’adapter les compétences aux besoins réels du marché. Ces annonces sont bienvenues, mais leur impact dépendra de la qualité de leur mise en œuvre, de la décentralisation des initiatives et de l’éradication des lenteurs bureaucratiques.

Il semble aujourd’hui crucial d’intégrer pleinement la jeunesse dans les chaînes de valeur de l’économie nationale. Cela implique de soutenir l’auto-emploi à travers des incubateurs, un accès facilité au crédit, un accompagnement personnalisé et des exonérations fiscales ciblées. Le secteur informel, qui emploie une grande partie des jeunes, doit aussi faire l’objet d’une politique d’encadrement et de formalisation progressive pour garantir des droits sociaux aux travailleurs.

Plus qu’une question économique, l’emploi des jeunes est devenu un enjeu politique et social majeur. Les frustrations nées du chômage massif alimentent le désenchantement, l’exode, voire l’instabilité. Réussir à inverser cette tendance serait un signal fort du renouveau gabonais. Cela suppose une volonté politique constante, des partenariats publics-privés dynamiques et une mise en cohérence des politiques sectorielles. Le second mandat d’Oligui sera jugé en partie à sa capacité à offrir une alternative crédible à une génération qui n’a pas encore trouvé sa place.

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