Le message du Président Brice Clotaire Oligui Nguéma aux investisseurs est désormais sans ambiguïté : l’État gabonais entend être partie prenante des secteurs stratégiques. L’audience accordée à la direction de CIMAF s’inscrit dans ce repositionnement assumé. Le secteur du ciment, vital pour les infrastructures, devient un levier de souveraineté économique.
Jusqu’ici absent du capital de l’industriel marocain, l’État détient désormais 10% des parts. Une participation qualifiée de principe non négociable par le Chef de l’État, rompant avec des décennies de concessions asymétriques.
Ce changement marque une inflexion profonde dans la relation entre l’État et les multinationales industrielles.
Cette exigence traduit une nouvelle doctrine économique sous Oligui Nguéma, le Gabon ne se contente plus de faciliter l’investissement, il exige un partage de la valeur créée localement. Le capital devient un instrument de contrôle stratégique et de responsabilisation des partenaires étrangers.
Au-delà de la participation financière, Libreville insiste sur la gabonisation des emplois, de la sous-traitance et du tissu industriel local. La montée en puissance de l’usine d’Owendo, dont la capacité doublera d’ici 2026, est présentée comme un pilier de cette ambition.
L’objectif est de réduire les importations tout en soutenant la compétitivité du BTP national.
À travers le dossier CIMAF, l’État envoie un signal clair à l’ensemble du secteur privé. Les investissements sont les bienvenus, mais ils doivent désormais s’inscrire dans une logique de partenariat équilibré. Une ligne qui pourrait redéfinir durablement l’environnement des affaires au Gabon.











