Le Forum d’Affaires Côte d’Ivoire-Gabon (FACIGA) 2025 ne s’impose pas seulement comme une rencontre bilatérale de haut niveau : il révèle surtout une évolution profonde de la diplomatie économique africaine. Au-delà des allocutions officielles et des engagements politiques, ce sont deux institutions techniques à savoir: l’ANPI-Gabon et le CEPICI, qui se retrouvent au cœur du dispositif, incarnant une nouvelle manière d’orchestrer la coopération économique entre États. Leur rôle dans l’évènement ne se limite pas à la logistique : ils en sont les moteurs conceptuels, opérationnels et stratégiques.
Agences d’investissement : véritables chefs d’orchestre du développement
Longtemps perçues comme de simples « guichets d’investissement », ces agences démontrent désormais qu’elles sont de véritables chefs d’orchestre du développement. La keynote conjointe animée par Solange Amichia (CEPICI) et Ghislain Moandza Mboma (ANPI-Gabon) illustre ce basculement : ce sont les experts, et non les diplomates traditionnels, qui exposent les opportunités structurantes, identifient les secteurs porteurs et esquissent les futures chaînes de valeur transnationales. Leur maîtrise des enjeux sectoriels permet d’ancrer le dialogue dans le concret, loin des déclarations générales qui ponctuent souvent les rencontres officielles.

Le FACIGA met ainsi en lumière une nouvelle diplomatie, que l’on pourrait qualifier de pragmatique, où les agences d’investissement jouent un rôle central dans la transformation économique régionale. Elles deviennent les points d’entrée des investisseurs, les coordinateurs des échanges B2B/B2G, les architectes des projets structurants et les garants de la cohérence entre ambitions politiques et réalités économiques. Cette approche renforce la crédibilité des engagements pris par les deux nations en s’appuyant sur des institutions rompus aux exigences du secteur privé.
FACIGA : un moteur d’opportunités immédiates
En multipliant les rencontres ciblées et en identifiant rapidement des intentions d’investissement concrètes (cimenterie, BTP, aviculture, cultures vivrières, transformation locale), les deux agences montrent leur capacité à transformer un forum diplomatique en moteur d’opportunités immédiates. Elles ne facilitent pas seulement le dialogue : elles structurent la rencontre, filtrent les projets les plus porteurs, accompagnent les investisseurs et enclenchent des dynamiques à forte valeur économique. Leur intervention démontre que la coopération Sud-Sud n’est viable que lorsqu’elle est enracinée dans des institutions solides et techniquement préparées.

Ainsi, loin d’un simple rôle administratif, l’ANPI-Gabon et le CEPICI s’affirment comme les nouveaux diplomates économiques du continent, capables de traduire les visions politiques en projets tangibles. Le FACIGA 2025 révèle ce glissement essentiel : l’avenir de l’intégration africaine se construira moins dans les salles de conférence que dans ces agences spécialisées, devenues les plateformes de convergence entre stratégie publique et initiative privée. Ce modèle pourrait bien s’imposer comme la nouvelle référence pour les partenariats économiques en Afrique.








