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Droits de douane annulés : Washington rebat les cartes, Libreville observe

Le 20 février dernier, la Cour suprême des États-Unis a invalidé l’essentiel des droits de douane internationaux instaurés sous la présidence de Donald Trump, peut-on lire dans un communiqué de la Maison blanche. Par six voix contre trois, les juges ont estimé que l’exécutif ne pouvait s’appuyer sur la loi d’urgence économique de 1977 pour imposer des taxes d’une telle ampleur. En rappelant que seul le Congrès détient le pouvoir d’autoriser des prélèvements généralisés à l’importation, la haute juridiction réaffirme les limites constitutionnelles du pouvoir présidentiel en matière commerciale.

Au-delà du symbole institutionnel, la décision pourrait entraîner des effets financiers significatifs. De nombreuses entreprises, américaines et étrangères, ont déjà acquitté ces surtaxes sur des volumes d’importations évalués en milliards de dollars. Des demandes de remboursement sont envisageables, même si certains droits ciblés, notamment sur l’acier et l’aluminium, demeurent applicables car fondés sur d’autres bases juridiques.

Sur le plan géoéconomique, le signal envoyé est clair : la stratégie commerciale américaine ne pourra plus reposer sur des mesures tarifaires globales décidées unilatéralement par la Maison-Blanche. Les partenaires des États-Unis pourraient donc revoir leurs anticipations, tandis que les marchés financiers ajustent leurs projections sur les flux d’échanges et la stabilité réglementaire du commerce international.

Pour le Gabon, cette évolution n’est pas théorique. Pays exportateur de matières premières, dont le pétrole, le manganèse et le bois, il dépend fortement de la prévisibilité des marchés internationaux. Toute reconfiguration du régime tarifaire américain influence indirectement la demande mondiale, les chaînes d’approvisionnement et les cours des matières premières. Si l’assouplissement des tensions commerciales favorise une reprise plus fluide des échanges, Libreville pourrait en tirer un bénéfice à travers une stabilisation des débouchés et des prix.

Cependant, l’enjeu dépasse les seuls volumes d’exportation. La décision américaine rappelle l’importance de la sécurité juridique et de la séparation des pouvoirs dans la conduite des politiques économiques. Pour les économies africaines, dont le Gabon, elle souligne aussi la nécessité de diversifier les partenaires commerciaux afin de réduire l’exposition aux revirements stratégiques des grandes puissances.

En définitive, l’arrêt de la Cour suprême ne se limite pas à une correction institutionnelle interne. Il ouvre un débat sur l’architecture future de la politique commerciale américaine et sur l’équilibre entre souveraineté économique et respect des règles multilatérales. Dans un monde interdépendant, chaque inflexion à Washington résonne jusqu’aux ports de Libreville.

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