Les agents du ministère des Eaux et Forêts observent un mouvement de grève pour exiger le paiement de cinq trimestres d’arriérés de primes, soit près de 15 mois d’impayés. Réunis sous la bannière du Syndicat national des agents des Eaux et Forêts (Synapef), ils dénoncent une situation devenue intenable après l’expiration d’un préavis resté sans réponse. La mobilisation touche aussi bien les services centraux que déconcentrés. Elle traduit un malaise profond au sein du corps administratif. Les agents estiment avoir été longtemps ignorés par leur hiérarchie.
Selon le syndicat, cette mobilisation s’inscrit dans un climat de crise de gouvernance marqué par une gestion jugée opaque des ressources financières du ministère. Les agents pointent notamment une baisse brutale et inexpliquée de l’enveloppe budgétaire dédiée aux primes, liée à l’application de l’arrêté 43. Cette situation alimente un sentiment d’injustice généralisé. Le dialogue social est considéré comme rompu. Les engagements antérieurs n’auraient jamais été respectés.
D’après les chiffres avancés, cette enveloppe serait passée de 750 millions à moins de 400 millions de de fcfa , sans justification officielle. Une contraction qui alimente les soupçons de mauvaise gestion et renforce la défiance entre l’administration centrale et les agents de terrain. Aucune communication formelle n’a été faite pour expliquer cette réduction. Les agents dénoncent un manque de traçabilité des fonds. Ils réclament des audits internes indépendants.
Le Synapef soulève également des interrogations sur l’utilisation des équipements acquis en 2023 dans le cadre du projet PADEG. Il s’agit notamment de 300 ordinateurs et de plusieurs véhicules dont la destination et l’affectation ne sont pas clairement établies. Ces acquisitions étaient censées améliorer les conditions de travail. Or, sur le terrain, les agents affirment ne jamais en avoir bénéficié. Cette situation renforce les soupçons de détournement ou de mauvaise allocation.
Malgré la grève, le syndicat affirme maintenir un service minimum pour préserver les missions essentielles du ministère. Il en appelle directement au chef de l’État afin qu’il intervienne pour rétablir la confiance, garantir la transparence et restaurer la crédibilité de l’institution. Le Synapef se dit ouvert au dialogue sous réserve d’actes concrets. Il exige un calendrier clair de paiement. À défaut, le mouvement pourrait se durcir.











