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Finances publiques : 2026, la dette révèle l’épuisement du modèle gabonais

le coup de coeur

L’année 2026 s’annonce comme un tournant critique pour les finances publiques gabonaises. Avec un encours de dette estimé à 8 600 milliards de fcfa à fin 2025, soit plus de 80 % du PIB, le pays n’est plus face à une simple tension conjoncturelle, mais à une remise en cause profonde de son modèle économique fondé sur la rente pétrolière et l’intervention étatique.

Les chiffres traduisent une accélération préoccupante. En moins d’un an, la dette publique a progressé de plus de 1 400 milliards de fcfa, tandis que les agences de notation projettent un ratio dette/PIB pouvant atteindre 85 à 87 % à l’horizon 2026-2027, bien au-delà du seuil communautaire de 70 % fixé dans la CEMAC. Cette dérive limite fortement les marges de manœuvre budgétaires de l’État.

Le service de la dette constitue désormais un poids central. Selon les documents budgétaires et les estimations de place, entre 1 050 milliards de fcfa (paiements stricts) et 2 000 à 2 500 milliards de fcfa pourraient être nécessaires en 2026 si l’on intègre refinancements, arriérés et besoins de trésorerie. Cet effort représenterait jusqu’à un quart de la richesse nationale, comprimant mécaniquement les dépenses d’investissement et sociales.

C’est dans ce contexte que le recours au Fonds monétaire international revient au centre du débat. La question n’est plus seulement de savoir s’il faut ou non un programme, mais qui décidera de l’allocation des ressources publiques : l’exécutif seul ou sous contrainte d’un cadre externe imposant priorités, coupes budgétaires et réformes structurelles.

La dette devient ainsi une bombe sociale à retardement. La réduction drastique des subventions, notamment celles sur les carburants, passées d’environ 88 milliards de fcfa en 2025 à 12 milliards de fcfa prévus en 2026, et les perspectives de privatisations accroissent le risque de tensions. L’ajustement à venir sera autant politique que financier, et testera la capacité de l’État à maintenir la cohésion sociale dans un contexte de forte contrainte budgétaire.

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