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Gabon: 1 700 milliards de fcfa à effacer dès 2026, une équation budgétaire hors de portée?

le coup de coeur

Le ratio dette/PIB du Gabon se situe aujourd’hui entre 75 et 80 %, contre un objectif affiché de 60 %, soit un écart compris entre 15 et 18 points de PIB. Avec un PIB nominal estimé autour de 11 000 milliards de fcfa, chaque point de dette représente environ 110 milliards de fcfa. Ramener le ratio à 60 % impliquerait donc un désendettement compris entre 1 500 et 1 800 milliards de fcfa, selon l’hypothèse retenue, soit l’équivalent de 40 % d’un budget annuel de l’État. Ce volume dépasse le total cumulé des investissements publics programmés sur plusieurs exercices.

La Loi de finances 2026 ne prévoit aucun excédent primaire significatif. Le solde budgétaire est projeté proche de l’équilibre, voire légèrement déficitaire, dans un contexte où les recettes totales plafonnent autour de 4 000 à 4 200 milliards de fcfa. Or, effacer 1 700 milliards de fcfa sur cinq ans supposerait un excédent annuel moyen de 340 milliards de fcfa, soit près de 8 à 9 % des recettes chaque année. À titre de comparaison, l’excédent primaire moyen du Gabon sur la dernière décennie est proche de zéro, avec plusieurs exercices négatifs.

La croissance nominale projetée pour 2026 reste inférieure à 5 %, combinant une croissance réelle modérée et une inflation contenue. À ce rythme, l’effet dénominateur sur le ratio dette/PIB est marginal. Même une croissance nominale soutenue à 7 % pendant cinq années consécutives ne permettrait de réduire le ratio que de 6 à 7 points, à condition que l’endettement net soit nul, ce qui n’est pas le cas dans la trajectoire actuelle. Toute poursuite du recours à l’emprunt neutralise immédiatement cet effet.

À titre de comparaison, une correction budgétaire équivalente à 1 700 milliards de fcfa représenterait environ un tiers du budget annuel, ou encore la suppression intégrale de plusieurs postes majeurs : masse salariale, transferts et subventions, ou investissements publics cumulés. Une coupe de 340 milliards de fcfa par an correspond, par exemple, à plus de 30 % du budget de fonctionnement de l’État ou à la quasi-totalité des dépenses d’investissement hors infrastructures prioritaires. Aucun scénario de cette ampleur n’apparaît dans la programmation budgétaire 2026-2028.

Dans ces conditions, l’objectif d’un ratio de dette à 60 % du PIB ne repose sur aucun levier opérationnel identifié. L’arithmétique budgétaire indique au mieux une stabilisation autour de 75 %, sous réserve d’un accès continu au financement et d’une absence de choc externe. La divergence entre l’objectif affiché et les moyens budgétaires mobilisés n’est donc pas politique ou idéologique : elle est strictement comptable.

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