Les dépenses de loyers de l’État gabonais atteindront 37,9 milliards de fcfa en 2026, soit l’équivalent de 11 millions de fcfa consommés chaque heure. Ce niveau record traduit une dépendance croissante de l’administration envers les baux privés, malgré les audits successifs révélant des irrégularités et des surestimations dans les engagements locatifs.
Le parc immobilisé de l’État reste pourtant considérable, avec de nombreux bâtiments publics sous-utilisés, en rénovation inachevée ou tout simplement abandonnés. L’écart entre les ressources disponibles et les dépenses effectivement engagées crée un déséquilibre structurel qui pèse sur les finances publiques et réduit la marge budgétaire disponible pour les secteurs sociaux.
Les recommandations issues des audits précédents suggéraient une rationalisation urgente : regroupement des services, renégociation des contrats, inventaire exhaustif des biens publics. Mais aucune réforme structurante n’a encore été pleinement mise en œuvre, laissant les dépenses de location progresser mécaniquement d’année en année.
À cela s’ajoute une absence de transparence sur la cartographie complète des baux administratifs. Un préjudice fiscal estimé à 3 milliards de fcfa. Les rapports antérieurs, notamment ceux de l’Inspection générale des finances, évoquaient des situations où l’État louait des bâtiments qu’il n’occupait pas, ou payait des surcoûts liés à des contrats mal négociés.
Sans réforme structurelle, le pays continue d’alimenter un système inefficace qui profite davantage aux propriétaires privés qu’à l’administration elle-même. Le gouvernement peut-il poursuivre cette trajectoire sans revoir profondément la gestion immobilière de l’État ? Et surtout : l’administration adoptera-t-elle enfin les réformes attendues pour réduire durablement cette charge devenue difficilement justifiable ? Les réformes vont dans ce sens, mais la réalité dictera la manœuvre.













