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Gabon : 15 milliards de créances impayées poussent Karpowership à suspendre 150 MW à Libreville

Le secteur énergétique gabonais est au bord de la rupture. L’opérateur turc Karpowership a officiellement notifié aux autorités sa décision de suspendre la production d’électricité de son navire-centrale dès ce mercredi 18 mars 2026 à 23h59. Cette mesure radicale, dictée par une ardoise d’impayés s’élevant à 15 milliards de fcfa, menace de retirer instantanément 150 MW du réseau interconnecté. Pour la capitale et sa périphérie Sud, ce déficit représente une perte de charge massive que la SEEG ne pourra compenser sans instaurer des délestages généralisés.

L’impasse actuelle marque l’échec des protocoles d’accord signés en février 2025 sous l’égide de la Présidence de la Transition. Malgré les promesses de régularisation des flux financiers, le dialogue semble rompu entre le Trésor public et le fournisseur d’énergie. Karpowership affirme avoir épuisé ses marges de manœuvre opérationnelles, soulignant qu’un récent versement partiel de 5 milliards de fcfa ne permet plus de couvrir les coûts de maintenance et d’approvisionnement en combustible nécessaires au fonctionnement du « Deniz Sultan ».

La stabilité du réseau électrique du Grand Libreville en jeu

Cette crise de paiement a fait réagir l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui pointe du doigt les manquements de l’exécutif dans la gestion de ce dossier stratégique : « Comme il fallait s’y attendre, l’Etat n’a pas tenu ses engagements financiers envers Karpowership, qui vient d’annoncer la suspension de la fourniture de l’électricité si un paiement de 15 milliards n’est pas effectué dans l’immédiat. » Cette déclaration met en exergue la fragilité de la signature de l’État face à ses partenaires techniques internationaux dans un secteur aussi vital que l’énergie.

Au-delà du bras de fer comptable, c’est la stabilité même du réseau électrique du Grand Libreville qui est en jeu. Le retrait brutal de 150 MW risque de provoquer une instabilité de tension sur les lignes de transport de la SEEG, déjà sous pression. Sans un règlement de dernière minute avant l’échéance de minuit, le Gabon s’expose à un black-out aux conséquences économiques lourdes. Le gouvernement se retrouve désormais face à un arbitrage critique : décaisser les fonds en urgence ou assumer une crise sociale majeure liée à l’obscurité prolongée.

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