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Gabon : 3142 milliards remboursés, entre remboursement et désendettement réel

le coup de coeur

Le chiffre est spectaculaire et soigneusement mis en avant. Dans son discours à la Nation du 31 décembre 2025, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé que le Gabon avait remboursé près de 3142 milliards de fcfa de dette intérieure et extérieure depuis le 30 août 2023. Présenté comme un marqueur de rupture avec le régime précédent, cet effort financier vise avant tout à restaurer la crédibilité du pays auprès des créanciers et partenaires internationaux.

Mais derrière l’ampleur du montant, une confusion s’installe entre remboursement et désendettement réel. Car malgré ces paiements massifs, l’encours de la dette publique gabonaise demeure élevé, estimé à plus de 8600 milliards de fcfa à fin octobre 2025. Autrement dit, l’État a beaucoup payé, mais continue de devoir lourdement. Le remboursement reflète davantage une gestion active des échéances qu’une réduction structurelle du poids de la dette.

Cet effort n’est pas neutre pour les finances publiques. Rembourser plus de 3000 milliards de fcfa en moins de deux ans représente un volume équivalent à près de 40% d’un budget annuel moyen du Gabon. Une telle performance implique nécessairement des arbitrages budgétaires sévères : priorisation des créanciers, compression de certaines dépenses ou report de projets d’investissement. La rigueur affichée est donc aussi le signe d’une pression financière intense.

Sur le plan politique et stratégique, ce remboursement massif fonctionne avant tout comme un signal adressé aux bailleurs, aux agences de notation et aux marchés. Il s’agit de démontrer la capacité de l’État à honorer ses engagements dans un contexte international marqué par le durcissement des conditions de financement. En ce sens, la dette devient un outil de communication macroéconomique autant qu’un enjeu de soutenabilité à long terme.

Reste la question de fond : ces efforts redonnent-ils réellement des marges de manœuvre à l’économie gabonaise ? Tant que les recettes publiques resteront fortement dépendantes des hydrocarbures et des matières premières, la capacité de remboursement demeurera exposée aux chocs externes. Le chiffre des 3 142 milliards impressionne, mais il ne saurait, à lui seul, masquer la réalité d’une dette mieux gérée, certes, mais encore loin d’être pleinement maîtrisée.

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