Selon l’Economic Freedom of the World 2025 de l’Institut Fraser, le Gabon se positionne au 143ᵉ rang mondial et au 37ᵉ rang africain en matière de liberté économique. Ce classement synthétise des indicateurs essentiels, protection des droits de propriété, cadre réglementaire, fiscalité et rôle de l’État, et offre un éclairage utile sur l’environnement dans lequel évoluent investisseurs et entrepreneurs. Interprété sans artifice, ce rang indique que des freins structurels subsistent pour l’activité privée.
Parmi les éléments mis en avant par le rapport figurent un dirigisme étatique marqué, une insécurité juridique perceptible et une réglementation administrative contraignante. Ces facteurs peuvent ralentir la création d’entreprises, complexifier les investissements et dissuader l’initiative privée, tout en favorisant le recours à des solutions publiques ou à des acteurs extérieurs pour porter des projets majeurs. Le classement montre aussi que le Gabon, bien que devant certains voisins, reste loin des meilleurs exemples africains en matière d’ouverture économique.
La mesure de la liberté économique renvoie aussi à des arbitrages publics : niveau d’imposition, structure des dépenses publiques, transparence des marchés et efficience des institutions. Dans ce jeu d’équilibre, chaque réforme éventuelle demande du temps et une forte volonté politique pour modifier durablement les comportements et les pratiques administratives. Les investisseurs regardent ces signaux : un indice stable et favorable facilite l’entrée de capitaux et le montage d’opérations durables.
En pointillés, ce rang interroge la cohérence des politiques publiques récentes, entre appels à l’investissement, grands projets étatiques et mesures destinées à protéger l’intérêt général. La recherche d’un modèle mixte, où l’État reste moteur de la transformation tout en libérant l’initiative privée, exige des garde-fous institutionnels et une digitalisation des procédures pour réduire l’arbitraire et les coûts de transaction.
La question qui se pose est simple: le Gabon optera-t-il pour des réformes structurelles ambitieuses, visant à renforcer l’État de droit, simplifier la régulation et sécuriser la propriété, ou privilégiera-t-il une stratégie axée sur des interventions publiques rapides qui risquent de perpétuer les contraintes pointées par le rapport ?











