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Gabon : 500 milliards évaporés dans le noir, l’insoutenable paradoxe de la SEEG

L’annonce de l’Administrateur directeur général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo sur le plateau de Gabon 24, fait l’effet d’une décharge électrique dans un pays plongé dans l’obscurité. Affirmer que 500 milliards de fcfa ont été investis sur la période 2024-2025 relève d’une audace comptable qui se heurte frontalement à la réalité des foyers gabonais. Pour le citoyen lambda, le calcul est simple : plus les chiffres officiels gonflent, plus le temps passé à la bougie s’allonge.

L’examen des faits révèle une absence totale de détails sur l’affectation de cette somme colossale. Si 350 milliards proviennent de la SEEG et 150 milliards de l’État, où sont les infrastructures pérennes ? Un audit d’EDF en 2019 estimait qu’avec 475 milliards de fcfa, l’intégralité du réseau production-transport-distribution pourrait être remise à neuf. En théorie, l’enveloppe annoncée par l’ADG aurait dû éradiquer définitivement les délestages.

Le contraste est saisissant entre cet investissement prétendu et l’état de délabrement du parc machine. La communication institutionnelle semble confondre, de manière opportuniste, le coût de la gestion de crise avec l’investissement structurel. En l’absence de nouveaux barrages ou de centrales thermiques en propre, l’argent semble avoir été injecté dans une structure dont le rendement est inversement proportionnel aux capitaux mobilisés.

Plus grave encore, cette opacité alimente le doute sur la sincérité des chiffres avancés. Dans un contexte de transition où la reddition des comptes est érigée en principe, l’ADG de la SEEG joue gros. Le chiffre de 500 milliards apparaît comme un bouclier rhétorique destiné à masquer une incapacité opérationnelle chronique, alors que le pays enregistre ses pires statistiques de disponibilité énergétique.

L’insoutenable paradoxe de la SEEG réside dans sa capacité à consommer des ressources sans produire de résultats. Si l’argent a été réellement décaissé, la question de son efficacité devient un sujet de sécurité nationale. Le gouvernement, par cette annonce, se place lui-même sous une surveillance accrue : celle d’un peuple qui ne juge plus sur les milliards promis, mais sur l’allumage des ampoules.

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