Le gouvernement gabonais a officiellement recensé 675 projets qualifiés de structurants, répartis sur l’ensemble des neuf provinces. Selon le Secrétariat général du Gouvernement, ces initiatives représentent la colonne vertébrale du programme d’action nationale pour la transformation économique et sociale du pays. Si le chiffre peut impressionner, il suscite également des questions sur la capacité réelle de l’État à suivre, financer et exécuter un tel volume d’actions. L’absence de détails précis sur les coûts unitaires, le calendrier d’exécution et la répartition sectorielle limite la visibilité sur leur impact concret.
Pour centraliser le suivi, les projets sont répertoriés sur la plateforme SIGIP, un outil numérique destiné à améliorer la traçabilité et la coordination entre les différents ministères et partenaires financiers. Toutefois, la centralisation digitale ne garantit pas l’efficacité opérationnelle. L’expérience passée montre que l’existence d’une plateforme n’empêche pas les retards, les doublons ou l’incohérence stratégique entre projets, surtout lorsque la gouvernance locale et la planification sont insuffisamment renforcées.
Le budget prévu pour ces projets dépasse les 2 200 milliards de FCFA en 2026, ce qui constitue un engagement financier considérable. Cette enveloppe implique une forte capacité d’absorption et un pilotage rigoureux pour éviter que les fonds ne restent bloqués ou dispersés. La mise en œuvre exigera non seulement un suivi régulier mais également une hiérarchisation claire des priorités, faute de quoi le risque est grand de multiplier des projets symboliques plutôt que de générer des résultats tangibles pour les populations locales.
Au-delà de la simple exécution, la réussite dépendra de l’alignement stratégique de ces initiatives avec les objectifs de développement national. La cohérence entre projets d’infrastructures, initiatives sociales et investissements économiques devra être assurée pour éviter des duplications ou des effets d’éviction sur le terrain. Les acteurs locaux et les collectivités devront être pleinement impliqués pour que la portée réelle des projets dépasse le stade administratif et atteigne les bénéficiaires finaux.
Par ailleurs, le véritable enjeu réside dans l’évaluation de l’impact et de la durabilité des projets. La société civile, les partenaires financiers et les citoyens scruteront de près la capacité du gouvernement à transformer ce plan ambitieux en résultats concrets. La crédibilité de l’action publique et la confiance dans la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources dépendront de l’exécution effective de ces 675 projets, de leur traçabilité et de l’utilisation transparente des fonds.











