La province de la Nyanga, longtemps surnommée la « belle endormie », est en train de devenir le nouveau centre de gravité économique du Gabon. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, vient de valider l’activation du « corridor minier » du Sud-Ouest. L’objectif est de générer 100 milliards de fcfa de recettes annuelles dès 2026 en exploitant le fer, la potasse et le marbre pour ne plus dépendre du seul pétrole qui s’épuise.
Le fer de Milingui est le fer de lance de cette révolution. Avec 600 milliards de fcfa d’investissement portés par Havilah Mining, ce gisement entrera en production en novembre 2026. À Mayumba, c’est la potasse qui prend le relais avec le groupe Millennial Potash Corp. On ne parle plus ici de projets sur papier, mais de chantiers concrets qui vont transformer le Sud-Ouest en un hub d’exportation mondial, soutenu par un port en eaux profondes modernisé.
Ce qui change radicalement avec la « nouvelle doctrine » de Libreville, c’est l’exigence de transformation locale. Fini le temps où l’on exportait des blocs de marbre brut de Doussiegoussou pour les racheter en carreaux d’Italie. Une usine de transformation est en phase finale pour que la valeur ajoutée reste au Gabon. C’est la fin du modèle colonial d’extraction pure et simple.
Sur le plan social, les chiffres donnent le tournis : 7 000 emplois directs et indirects sont annoncés. Pour la jeunesse de la Nyanga, c’est une promesse de dignité et un frein à l’exode vers les bidonvilles de Libreville. Le seul projet Milingui devrait absorber 1 500 travailleurs. Mais pour que ce rêve devienne réalité, le gouvernement devra veiller à ce que les entreprises respectent scrupuleusement les normes environnementales et les quotas d’emplois locaux.
En activant ce corridor, le gouvernement Oligui Nguéma envoie un message fort aux marchés financiers : le Gabon a un plan B. La Nyanga n’est plus une province oubliée, elle est le pilier de la souveraineté économique nationale pour la décennie à venir. Si le pari réussit, Oligui Nguema aura réussi là où tous ses prédécesseurs ont échoué : sevrer le Gabon de son addiction au pétrole.














