La dette publique du Gabon atteint un niveau supérieur au seuil communautaire. Selon le Baromètre économique de la CEMAC de décembre 2025 publié par la Banque mondiale, le ratio dette/PIB du Gabon s’établissait à 74,7 % en 2024, au-dessus du critère de convergence régionale fixé à 70 %. Une tendance qui, selon le rapport, devrait se poursuivre en 2025.
Dans la zone CEMAC, seuls deux pays dépassent ce seuil : le Gabon et la République du Congo, dont l’endettement atteint 93,5 % du PIB. À l’échelle régionale, le ratio moyen dette/PIB demeure élevé, à 52,5 % en 2024, avec une légère projection de baisse à 52,2 % en 2025, sans pour autant retrouver les marges de sécurité d’avant le choc pétrolier.
Le Baromètre souligne que la détérioration des équilibres budgétaires s’explique par la baisse des recettes tirées des matières premières et par l’augmentation des dépenses publiques. Le solde budgétaire régional est ainsi passé d’un excédent en 2022 à un déficit en 2024, et devrait rester négatif en 2025. Pour les pays producteurs de pétrole comme le Gabon, l’évolution des cours constitue un facteur déterminant.
Outre le niveau du ratio, la question porte sur la soutenabilité de la dette. Le rapport rappelle que les recettes fiscales dans la CEMAC restent inférieures au seuil de 15 % du PIB, considéré comme nécessaire pour financer les services publics de base. Dans ce contexte, la combinaison d’un endettement supérieur à 70 %, d’une forte dépendance aux hydrocarbures et d’un environnement international volatil expose le Gabon à des vulnérabilités.












