Le marché du crédit bancaire au Gabon connaît une recomposition marquée au premier trimestre 2025. Selon les données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) le 19 janvier 2026, AFG Bank Gabon n’a capté que 6,39 % des nouveaux crédits accordés sur la période, loin derrière BGFIBank Gabon, qui concentre à elle seule 71,29 % des flux.
Cette évolution tranche nettement avec la situation observée un an plus tôt. En 2024, AFG Bank, ex-BICIG, occupait la première place du marché avec 35,24 % des nouveaux crédits octroyés. En l’espace de quelques trimestres, l’établissement a donc perdu sa position centrale, au profit d’un acteur devenu quasi hégémonique dans la distribution du crédit.
Le contraste est d’autant plus marqué que les autres banques du système apparaissent également marginalisées. L’Union gabonaise de banques (UGB), filiale du groupe Attijariwafa Bank, se positionne en deuxième place avec 7,32 %, sans toutefois constituer une alternative significative face à la domination de BGFIBank. Aucune institution ne dépasse le seuil de 10 %, confirmant une forte concentration du marché.
Ce recul d’AFG Bank ne saurait être lu comme un simple accident de parcours. Il s’inscrit dans un contexte plus large de prudence accrue des banques, de sélectivité renforcée du crédit et de recentrage stratégique de certains établissements. Dans ce nouvel environnement, seules les banques disposant d’une surface financière importante, d’un accès privilégié à certaines clientèles et d’une forte capacité de structuration des financements semblent en mesure de capter l’essentiel des flux.
La marginalisation progressive d’AFG Bank interroge sur l’équilibre du système bancaire gabonais et sur la capacité du marché du crédit à irriguer l’économie réelle de manière diversifiée. Une concentration excessive du financement autour d’un nombre restreint d’acteurs pose, à moyen terme, la question de la résilience du tissu économique et de l’accès équitable au crédit.











