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Gabon : après 1 350 jours à la tête de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume feint la découverte d’un ministère en crise

le coup de coeur

Après 1 350 jours passés à la tête du ministère de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq prête serment en découvrant, presque étonnée, l’ampleur d’une crise éducative pourtant ancienne. Dans son message solennel, la ministre évoque un « contexte marqué par un mouvement de grève », comme s’il s’agissait d’un accident conjoncturel et non de l’aboutissement logique d’années de dysfonctionnements administratifs et budgétaires non résolus.

Cette posture interroge. Car depuis mars 2022, la même ministre a traversé plusieurs gouvernements, plusieurs réformes annoncées, plusieurs promesses de modernisation de l’école gabonaise. Les revendications actuelles, intégrations, rappels de solde, avancements, reclassements, ne sont ni nouvelles ni imprévisibles. Elles figurent depuis longtemps dans les cahiers de doléances syndicaux, régulièrement transmis à l’administration centrale.

En appelant aujourd’hui à un « cadre de concertation sincère », le discours ministériel donne le sentiment d’un recommencement perpétuel, comme si chaque crise était la première, chaque grève une surprise. Cette rhétorique du dialogue, devenue réflexe institutionnel, masque mal une réalité plus inconfortable : celle d’un ministère qui, malgré le temps et la stabilité politique relative, n’a pas su traiter ses propres blocages structurels.

Car le malaise de l’éducation nationale n’est pas seulement social, il est organisationnel. Lenteur des actes administratifs, opacité des fichiers, incapacité à exécuter les décisions budgétaires votées : autant de failles connues de longue date. Après 1 350 jours, l’argument de la découverte ou de l’héritage commence à s’user face à une opinion publique lassée des mêmes justifications.

Dans un pays où chaque réforme éducative est présentée comme fondatrice, cette séquence illustre surtout une constante gabonaise : le décalage entre la durée d’exercice du pouvoir et la persistance des crises. À ce stade, la question n’est plus de savoir si les revendications sont légitimes, elles le sont, mais pourquoi, après autant de temps, elles continuent de surgir avec la même intensité.

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