Moins de deux ans après avoir cédé Assala Energy pour un montant supérieur à 1 milliard de dollars, The Carlyle Group pourrait de nouveau s’inviter dans le paysage pétrolier gabonais. À l’époque, la sortie d’Assala et la reprise par l’État gabonais avec l’appui de partenaires financiers et commerciaux notamment Gunvor, avait marqué la fin d’un cycle pour le fonds américain, après plusieurs années de présence dans l’onshore. Aujourd’hui, l’actualité internationale remet Carlyle au centre du jeu, cette fois via une possible reprise d’actifs issus du portefeuille international de Lukoil.
La négociation engagée entre Carlyle et Lukoil sur la cession d’actifs à l’étranger ouvre mécaniquement une fenêtre sur l’Afrique centrale. Dans la zone CEMAC, le Gabon figure parmi les pays où Lukoil détient des participations offshore, principalement non opérées. Sans annonce officielle sur le périmètre exact, l’hypothèse d’un retour indirect de Carlyle au Gabon n’a donc rien d’anecdotique. Elle s’inscrirait dans une logique de recomposition actionnariale dictée par les sanctions, le recentrage des groupes russes et l’appétit renouvelé de certains fonds pour l’upstream africain.
Un tel scénario aurait une portée symbolique forte. Carlyle connaît intimement le terrain gabonais : fiscalité, cadre contractuel, contraintes sociales et maturité des champs. Avec Assala, le fonds avait démontré sa capacité à optimiser des actifs matures, à stabiliser la production et à structurer des flux de trésorerie robustes avant la sortie. Revenir, même via des actifs offshore plus modestes, relèverait moins d’un pari que d’un retour en terrain connu, à un moment où le pays cherche à sécuriser ses investissements pétroliers.
Côté gabonais, le pétrole reste central pour les recettes publiques et les exportations, et tout changement d’actionnaire est scruté à l’aune de la continuité de la production, des engagements d’investissement et du climat social. L’expérience Assala a laissé une double lecture : d’un côté, une cession réussie sur le plan financier et de l’autre, des attentes fortes sur l’emploi et la gouvernance. Un retour de Carlyle raviverait inévitablement ce débat.
Rien n’est acté à ce stade. Mais le simple fait que Carlyle soit de nouveau cité parmi les prétendants aux actifs africains de Lukoil, avec déjà des avancées notables, suffit à nourrir les spéculations. Si le fonds devait remettre un pied au Gabon, ce serait la preuve que, malgré la transition énergétique et les discours ESG, l’upstream gabonais conserve une attractivité stratégique. Et que, pour Carlyle, la page Assala n’était peut-être pas un point final, mais une parenthèse avant un nouveau chapitre.











