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Gabon : après la promesse agricole, l’indien AOM Group mise sur une gare maritime pour verrouiller la chaîne logistique

le coup de coeur

La signature de la convention entre l’Office des Ports et Rades du Gabon et AOM Global autour de la future gare maritime de Libreville marque un changement d’échelle dans l’approche gabonaise des infrastructures. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les projets sectoriels, mais de sécuriser les maillons logistiques qui conditionnent leur rentabilité. La gare maritime devient ainsi un projet pivot, au croisement du transport, du commerce et de la transformation économique.

Sur le plan contractuel, le choix du partenariat public-privé est révélateur. L’OPRAG conserve son rôle d’autorité portuaire, tandis qu’AOM prend en charge les études, le financement, la construction et l’exploitation. Les travaux sont annoncés sur une durée de 24 mois, ce qui place l’entrée en service théorique à l’horizon 2028, sous réserve de respect du calendrier. Aucune enveloppe officielle n’a été rendue publique, mais des projets comparables en Afrique centrale situent le coût d’une gare maritime moderne dans une fourchette de 25 à 50 milliards fcfa, selon la capacité et les équipements.

Libreville reste dépendante de ses ports pour plus de 80 % de ses échanges extérieurs, et toute congestion ou inefficience se traduit par un surcoût direct sur les importations. C’est tout l’intérêt économique. Une infrastructure moderne permettrait de réduire les temps d’escale, d’améliorer la sécurité et de structurer un trafic maritime plus régulier, notamment pour les passagers et le cabotage sous-régional.

Ce projet fait écho aux ambitions agricoles portées ces derniers mois par le même groupe AOM. Sans débouchés logistiques fiables, les promesses de zones à forte productivité agricole restent théoriques. La gare maritime devient donc un élément de cohérence stratégique : produire, transformer, exporter, sans rupture de chaîne. Pour le Gabon, c’est une tentative de sortir de la logique de projets juxtaposés pour entrer dans une logique de systèmes économiques intégrés.

Reste la question centrale de l’exécution. Le pays a accumulé des projets d’infrastructures annoncés mais retardés. Pour AOM, le défi sera double : respecter les délais et démontrer la viabilité économique de l’exploitation. Pour l’État, l’enjeu est de montrer que le PPP n’est pas un simple transfert de risques, mais un outil efficace de modernisation. La gare maritime sera ainsi un test grandeur nature de la crédibilité de la nouvelle doctrine d’investissement public.

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