Avec un score de 29/100 dans l’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption de Transparency International, le Gabon s’installe durablement dans la zone des pays à forte corruption perçue. En dessous de la moyenne mondiale (42/100) et sous la moyenne d’Afrique subsaharienne (32/100), le pays confirme une vulnérabilité structurelle en matière de gouvernance publique. Ce niveau de notation place Libreville dans le groupe des économies où les risques institutionnels pèsent lourdement sur l’environnement des affaires.
Au-delà du symbole, le score de 29/100 envoie un signal aux investisseurs. Dans les modèles d’évaluation du risque pays, la qualité institutionnelle agit directement sur le coût du capital. Une perception élevée de corruption accroît les primes de risque, renchérit l’accès aux financements extérieurs et fragilise la crédibilité budgétaire. Dans un contexte de tension sur les finances publiques et de dépendance aux recettes extractives, cette perception devient un facteur macroéconomique à part entière.
Le rapport souligne que les pays affichant de faibles scores cumulent généralement trois fragilités : justice peu indépendante, contrôles budgétaires insuffisants et espace civique restreint. Ces éléments alimentent un cercle auto-entretenu : faibles mécanismes de redevabilité, soupçons de favoritisme dans l’allocation des ressources, et perte progressive de confiance des acteurs économiques. Pour le Gabon, l’enjeu dépasse l’image. Il touche à la soutenabilité des politiques publiques.
La corrélation établie entre corruption perçue et qualité des services publics n’est pas neutre. Les pays à faible score enregistrent en moyenne une efficacité moindre dans la santé, l’éducation et la gestion des infrastructures. À long terme, cela se traduit par une érosion du capital humain et une compétitivité affaiblie. Pour une économie cherchant à diversifier ses moteurs de croissance, cette variable institutionnelle devient centrale.
Le rapport 2025 de Transparency International agit donc comme un baromètre. Il ne mesure pas des affaires judiciaires spécifiques, mais la confiance globale dans l’intégrité du secteur public. Pour le Gabon, la trajectoire future dépendra de la capacité à renforcer les institutions de contrôle, à sécuriser les finances publiques et à crédibiliser l’État de droit. Sans inflexion structurelle, le coût économique de la défiance pourrait s’amplifier.












