Le Gabon est mondialement connu pour son manganèse, il en est le 2e producteur mondial, mais le minerai de fer pourrait bien s’imposer comme le prochain pilier de son économie extractive. C’est tout l’enjeu du projet Baniaka, porté par le groupe australien Genmin, implanté au Gabon depuis 2012. Le 28 février 2026, le Directeur des relations gouvernementales de REMINAC, Thierry Makando, a été reçu par le Vice-Président du Gouvernement Hermann Immongault pour faire le point sur l’avancement du chantier.
Le calendrier industriel se précise. Le gisement de Baniaka doit entrer en production d’ici fin 2026, avec une première phase fixée à 5 millions de tonnes de minerai de fer par an. L’objectif est ensuite de doubler cette capacité pour atteindre 10 millions de tonnes annuelles à partir de 2030. Pour mettre ces chiffres en perspective, le Gabon extrait aujourd’hui environ 7 à 8 millions de tonnes de manganèse par an via la COMILOG. Baniaka, à plein régime, ferait donc du fer un secteur comparable en volume, diversifiant significativement le profil minier du pays. La visite du Conseil d’administration de Genmin, prévue en avril sous la conduite de son président Greg Lilleyman, devra confirmer le respect de ce calendrier ambitieux.
L’impact sur l’emploi et le contenu local constitue l’autre dimension stratégique du projet. Avec 120 salariés gabonais aujourd’hui sur le chantier, Baniaka projette de monter à 700 emplois directs à terme, auxquels s’ajouteraient un volume équivalent d’emplois indirects dans la sous-traitance, le transport et les services connexes. Soit potentiellement près de 1 400 emplois générés dans un bassin économique encore peu industrialisé. REMINAC, en interface entre Genmin et l’État gabonais, joue un rôle clé dans la négociation des engagements en matière d’employabilité nationale, un critère de plus en plus central dans les conventions minières de la transition.
Le vrai test pour Baniaka ne sera pas la production brute, mais la capacité à transformer cette extraction en valeur ajoutée durable sur le territoire. Le Gabon a tiré les leçons de décennies de rente pétrolière et manganésifère peu transformée localement. Avec le fer, la question de la transformation sur place se pose avec encore plus d’acuité. Dans un contexte mondial où la demande en minerai de fer reste soutenue par la transition énergétique et la construction d’infrastructures, Baniaka représente une fenêtre d’opportunité. Reste à savoir si le pays saura cette fois négocier un modèle d’exploitation qui serve davantage son industrialisation que ses seules recettes d’exportation.













