Lors de ses vœux à la presse, le président d’Ensemble Pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie-By-Nze, a livré une critique sévère de la gestion des finances publiques depuis la Transition. Budget 2026 jugé peu crédible, fiscalité improvisée et perspective d’un recours au Fonds monétaire international (FMI) : l’ancien Premier ministre met en cause la cohérence de la politique économique actuelle et alerte sur ses implications sociales.
Au cœur de son intervention, l’examen du budget 2026. Initialement annoncé à plus de 7 200 milliards de fcfa avant d’être ramené à 6 358 milliards en l’espace de quelques jours, cet ajustement rapide révèle, selon lui, une fragilité dans les hypothèses de départ. Alain-Claude Bilie-By-Nze y voit le signe d’une absence de maîtrise des équilibres budgétaires, évoquant des projections de recettes et de croissance jugées irréalistes par plusieurs partenaires financiers. Pour l’EPG, cette instabilité affaiblit la crédibilité de l’État et rend probable l’adoption prochaine d’une loi de finances rectificative.
L’ancien chef du gouvernement s’est également attardé sur la politique fiscale, pointant en particulier la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH), qu’il considère comme emblématique d’une fiscalité conçue dans l’urgence. Assiette mal définie, modalités d’application floues et rendement évalué de manière contradictoire, entre 2,8 et 22 milliards de fcfa : autant d’éléments qui, selon lui, traduisent une improvisation nuisible à la lisibilité de l’action publique et à la confiance des contribuables.
Dans un contexte économique déjà contraint, cette pression fiscale supplémentaire pèserait davantage sur les ménages et les entreprises, sans garantir un redressement durable des finances publiques. Pour Bilie-By-Nze, le risque est celui d’un effet contre-productif, avec une contraction de l’activité économique et une aggravation de la précarité, plutôt qu’une réduction structurelle du déficit.
L’ancien Premier ministre dénonce par ailleurs un décalage entre le discours de rigueur budgétaire et certaines décisions de dépenses. Le maintien de projets jugés coûteux et non prioritaires, tels que des infrastructures institutionnelles ou des projets de prestige, interroge, selon lui, la hiérarchisation des urgences publiques, alors que les tensions sociales et les difficultés des services essentiels persistent.
Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas manqué au passage, de mettre en garde contre les conséquences d’un éventuel retour du Gabon sous programme du FMI. S’il reconnaît la nécessité de restaurer les équilibres macroéconomiques, il alerte sur le risque d’un ajustement brutal, susceptible de se traduire par un gel des salaires, une compression des dépenses sociales et une accentuation des tensions sociales. Pour l’EPG, l’enjeu est d’éviter que le coût des déséquilibres actuels ne soit, une fois encore, supporté par les ménages, faisant de cette sortie médiatique un avertissement politique adressé aux autorités de la Transition.











