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Gabon : budgets en hausse, soins en panne, le paradoxe de la “mission Santé”

L’annonce du SAMU Social de suspendre ses prises en charge a mis en lumière un paradoxe saisissant : alors que les crédits alloués à la santé connaissent une augmentation significative, la réalité des soins reste marquée par une saturation et une insuffisance des moyens. En 2026, le Gabon affiche un budget santé record de 377,044 milliards de fcfa, mais cette hausse ne semble pas se traduire par une amélioration tangible des services. Le responsable du SAMU Social, Wenceslas Yaba, indique que « la qualité des soins ne peut être garantie dans ces conditions ».

Les budgets alloués au secteur sont pourtant en constante progression. En 2023, la mission santé avait reçu 120,086 milliards de fcfa, puis 141,140 milliards de fcfa en 2025, selon les données de l’Assemblée nationale. En 2026, la hausse est spectaculaire, atteignant 377,044 milliards de fcfa. Toutefois, ces montants semblent insuffisants si l’on considère l’incapacité à maintenir les structures existantes et à fournir des soins de qualité à une population en constante demande.

Wenceslas Yaba mentionne que l’objectif de cette suspension temporaire est d’effectuer un inventaire des moyens disponibles pour garantir la continuité des soins : « Nous allons procéder à un inventaire de ce que nous possédons pour estimer et permettre la continuité des prises en charge. » Ce passage souligne un problème de logistique et de maintenance des infrastructures, éléments essentiels dans un système de santé fonctionnel. Si l’argent est là sur le papier, il semble que la gestion des ressources reste un point de friction majeur.

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La question qui se pose est donc celle de l’exécution des crédits. Si des augmentations budgétaires sont visibles, les structures comme le SAMU Social, qui sont au cœur du système de soins de proximité, se retrouvent dans l’incapacité de suivre le rythme des dépenses. Yaba déclare : « Nous maintenons nos compatriotes au forceps, et cela devient intenable à long terme.» L’argent alloué à la santé n’est pas le seul facteur déterminant de la qualité des services, comme le montrent les problèmes persistants du système.

La hausse des budgets ne suffit donc clairement pas à résoudre les dysfonctionnements internes du système de santé. L’inventaire que le SAMU va réaliser pourrait bien être le révélateur d’une pénurie d’approvisionnement, d’une gestion inefficace des ressources, ou encore de délais de paiement qui bloquent l’accès aux intrants nécessaires au bon fonctionnement des services. Les autorités devront donc revoir non seulement les montants alloués, mais aussi la répartition des ressources et la gestion des infrastructures de santé.

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