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Gabon : cap sur mai 2026 pour le scellement d’un pacte financier avec le FMI

​Le Gabon s’engage dans une course contre la montre pour restaurer sa signature internationale. L’annonce, lors du Conseil des ministres du 26 février, d’un horizon fixé à mai 2026 pour la conclusion d’un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) marque un tournant dans la gestion de la Transition. Plus qu’une simple bouffée d’oxygène pour le Trésor public, ce programme est attendu par le gouvernement gabonais comme un véritable certificat de respectabilité financière, destiné à stabiliser une économie dont les équilibres restent précaires et trop intimement liés aux cours du baril.

​Pour Libreville, l’équation est complexe : il s’agit de ramener la dette publique sur une trajectoire soutenable sans sacrifier le financement du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD). Les discussions avec les experts de Washington se cristallisent désormais sur deux leviers critiques : la transparence accrue dans la gestion des revenus du pétrole et des mines, et une réduction chirurgicale du train de vie de l’État, notamment via la maîtrise de la masse salariale. La réussite de ce dialogue sera le baromètre de la volonté réelle des autorités à passer du discours de rupture à la rigueur opérationnelle.

​Le milieu des affaires local, quant à lui, observe ces manœuvres avec un mélange d’espoir et d’appréhension. Si les conditionnalités du FMI impliquent souvent une pression fiscale accrue, elles constituent également la garantie d’un apurement structuré de la dette intérieure. Pour les PME-PMI gabonaises, le déblocage des arriérés de paiement de l’État reste le seul moteur capable de ranimer une demande domestique atone et de relancer un cycle d’investissement privé aujourd’hui en attente.

​Néanmoins, l’exécution de ce plan de vol vers mai 2026 ne sera pas une promenade de santé. Les exigences de rigueur budgétaire pourraient se heurter de front aux impératifs sociaux du pays, dans un contexte où les attentes des populations en matière de services de base sont immenses. Le gouvernement devra donc manœuvrer avec finesse pour arbitrer entre l’orthodoxie financière réclamée par ses bailleurs de fonds et la paix sociale indispensable à la réussite de la Transition.

​En dernière analyse, ce partenariat avec le FMI vise un objectif de long terme : la baisse du coût du risque Gabon sur les marchés de capitaux. En s’alignant sur les standards de Bretton Woods, le pays espère améliorer ses notations souveraines pour renégocier ses Eurobonds à des taux plus favorables. Pour les stratèges de Libreville, l’enjeu ultime reste l’attraction de capitaux frais vers les secteurs hors-pétrole, transformant cet accord en un catalyseur de diversification économique.

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