Pendant deux jours, Libreville s’est transformée en vitrine économique. En accueillant la 5ᵉ édition du Club Afrique Développement (CAD), les 29 et 30 janvier 2026, le Gabon a cherché moins à annoncer de nouveaux projets qu’à réaffirmer un positionnement : celui d’un pays qui veut redevenir lisible et fréquentable pour les investisseurs. Le choix du thème, « Gabon : Terre d’opportunités », traduit cette volonté de reconquête, dans un contexte où la crédibilité institutionnelle et la capacité d’exécution comptent autant que les ressources naturelles.
La présence de hauts responsables de l’exécutif, dont le vice-président Alexandre Barro Chambrier, a donné un signal politique clair : l’investissement privé est désormais présenté comme un levier central de la diversification économique. Autour de près de 200 décideurs et opérateurs, les échanges ont surtout porté sur les conditions cadres, stabilité, accompagnement administratif, articulation public-privé, plutôt que sur des promesses sectorielles isolées. Une inflexion notable par rapport aux forums plus démonstratifs du passé.
Sur le fond, le CAD s’est inscrit dans une logique de mise en relation plus que de déclaration d’intention. Portée par Attijariwafa Bank via l’Union Gabonaise de Banque, avec l’appui du fonds Al Mada, la plateforme vise à connecter porteurs de projets, investisseurs et autorités publiques. L’objectif affiché n’est pas tant de multiplier les annonces que de réduire la distance entre intérêt et décision, dans un environnement régional de plus en plus concurrentiel.
Dans ce dispositif, l’ANPI-Gabon a joué un rôle clé de chef d’orchestre technique. Au-delà du discours, l’agence a mis en avant sa capacité d’accompagnement concret : agréments, implantation, accès au foncier et facilitation administrative. La logique est assumée : faire du “marketing pays” un outil opérationnel et non plus seulement institutionnel, en adossant la promotion des opportunités aux priorités du Plan national de croissance et de développement.
Enfin, la dimension la plus parlante de cette édition s’est jouée hors des salles de conférence. Les visites de terrain à la Zone d’Investissement Spéciale de Nkok et à la Baie des Rois ont servi de démonstration pratique : montrer des sites existants, des infrastructures en place et des projets déjà engagés. Reste désormais l’épreuve décisive pour ce type de rendez-vous : le suivi. Car si le CAD a permis de repositionner le Gabon dans le radar des investisseurs, sa crédibilité se mesurera, dans les mois à venir, à la transformation de ces contacts en projets concrets et financés.











