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Gabon-CEMAC : des fragilités nationales au risque systémique régional

le coup de coeur

Pris ensemble, les déséquilibres gabonais représentent un risque systémique. Dette supérieure à 7 000 milliards de fcfa, déficit hors pétrole de plus de 1 000 milliards de fcfa, créances douteuses proches de 600 milliards de fcfa, et exposition bancaire massive à la dette publique forment un faisceau de vulnérabilités. La Commission avertit que « les risques macroéconomiques demeurent élevés dans la sous-région ».

Le Baromètre CEMAC 2025 ajoute une dimension sociale préoccupante. Au Gabon, la population vivant sous le seuil de 8,30 dollars PPA par jour représente désormais environ 879 000 personnes, soit près de 40 % de la population. Malgré une baisse relative du taux, le nombre absolu de personnes pauvres a augmenté d’environ 5 000 individus, traduisant une croissance peu inclusive.

À l’échelle régionale, la CEMAC regroupe 65,4 millions d’habitants pour un PIB cumulé de 125,9 milliards USD, soit environ 75 500 milliards de fcfa. Dans ce contexte, une déstabilisation d’une économie majeure comme le Gabon aurait des répercussions immédiates sur la stabilité monétaire et financière de la zone.

C’est précisément pour prévenir ce scénario que la Commission avait renforcé la surveillance multilatérale et engagé, fin 2025, des travaux sur la gestion de la dette publique régionale. La suspension de ses activités intervient donc à un moment critique, alors que les déséquilibres atteignent des montants historiquement élevés.

Les chiffres du Rapport CEMAC et du Baromètre Banque mondiale montrent que les alertes sur le Gabon n’étaient ni théoriques ni abstraites. Elles portent sur des centaines et des milliers de milliards de de fcfa, et conditionnent directement la capacité du pays et de la CEMAC à éviter une nouvelle crise systémique. Le programme annoncée mais pas encore formalisée avec le FMI, devrait ainsi être déterminant pour la région, à condition que les exigences qui seront émises après la mission courant février soient prises en compte. 

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