L’affaire du navire transportant 48000 tonnes de manganèse, disparu dans la nuit du 8 au 9 novembre au port d’Owendo, continue de susciter des interrogations. Dans un communiqué officiel, le groupe minier Eramet Comilog a tenu à clarifier sa position. L’entreprise n’est pas concernée par cette cargaison mystérieusement évaporée. Une mise au point nécessaire face à l’ampleur que prend cette affaire dans l’opinion publique et les milieux économiques.
Selon Comilog, « la cargaison mentionnée ne provient d’aucun de ses sites d’exploitation ». Cette précision vient dissiper tout amalgame, alors que la société reste le principal exportateur de manganèse du Gabon et un acteur stratégique pour l’économie nationale. En se désolidarisant de cet incident, le groupe entend préserver sa réputation et rappeler la rigueur de ses procédures logistiques et de traçabilité, régulièrement auditées à l’international.
En revanche, ce communiqué jette une lumière crue sur la gestion portuaire à Owendo, où les autorités compétentes n’ont, pour l’heure, fourni aucune explication sur les circonstances exactes de la disparition du navire. Ce silence institutionnel alimente les soupçons et soulève des questions sur la gouvernance, la sécurité et la transparence dans la chaîne logistique gabonaise, pourtant vitale pour les exportations minières.
Les acteurs du secteur estiment qu’une cargaison de cette ampleur, évaluée à plusieurs dizaines de millions de dollars, ne peut disparaître sans qu’il y ait des failles majeures dans les systèmes de contrôle et de supervision du port. Plusieurs sources évoquent déjà des pistes liées à des défaillances dans la documentation ou à des mouvements non autorisés sur les quais, mais aucune version officielle n’a été confirmée.
Alors que l’affaire prend une tournure embarrassante pour les autorités, Comilog, de son côté, réaffirme sa volonté de collaborer pleinement avec les instances compétentes afin d’éclaircir la situation. En attendant, le mutisme du port d’Owendo et l’absence de réaction publique de la direction portuaire laissent planer un doute pesant sur la gestion des opérations dans l’un des plus importants terminaux minéraliers du pays.








