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Gabon : comment Libreville veut « débrancher » les experts étrangers de ses eaux territoriales

L’acte est désormais officiel : le Décret N° 0435/PR/MTMMM du 25 novembre 2024, publié au Journal Officiel N°101 du 1er février 2026, marque une rupture historique pour la souveraineté technique du pays. Avec la création du Centre National des Aides à la Navigation et de l’Hydrographie (CNANH), l’État gabonais se dote, via l’Article 3 de ce décret, d’un outil de souveraineté sans précédent. Ce nouveau service public à autonomie technique a désormais pour mission exclusive d’organiser et de gérer l’exploitation du système national d’aide à la navigation, marquant la volonté de Libreville de reprendre en main la connaissance physique de son domaine maritime et fluvial.

Appropriation de la production des données nautiques

L’un des piliers de cette stratégie de « débranchement » réside dans l’appropriation de la production des données nautiques. Le décret stipule que le Centre est désormais chargé de réaliser lui-même les levés hydrographiques et bathymétriques, ainsi que de produire les cartes marines, les livres des feux et les tables des marées. En internalisant ces compétences hautement spécialisées, le Gabon s’affranchit de la nécessité de recourir à l’expertise étrangère pour cartographier ses fonds marins, un domaine pourtant critique pour la sécurité nationale et l’exploitation des ressources offshore.

Cette reprise de contrôle s’étend également à la régulation des opérateurs privés, notamment dans les secteurs pétrolier et logistique. Le Centre ne se contente plus d’observer : il doit désormais contrôler et vérifier la conformité des systèmes de balisage développés par les acteurs privés (Article 3). En fixant lui-même les normes de conception et de construction des équipements de signalisation, le Gabon impose son propre référentiel technique, s’assurant que toute installation sur son littoral ou ses voies navigables réponde strictement aux exigences définies par l’administration centrale et non à des standards importés.

Maillage territorial et institutionnel strict

Enfin, Libreville verrouille sa nouvelle autonomie par un maillage territorial et institutionnel strict. Avec la création de bureaux déconcentrés dans l’Estuaire, l’Ogooué-Maritime, le Moyen-Ogooué et la Nyanga, le Centre assure une présence continue sur les zones les plus stratégiques du pays. Cette organisation, couplée à la mise en œuvre de mécanismes de télésurveillance des aides à la navigation, permet à l’État de surveiller ses eaux en temps réel. La sécurité et la souveraineté du « ciel de mer » gabonais sont désormais pilotées depuis Libreville, et non plus depuis des capitales étrangères.

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