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Gabon : comment Oligui a forcé le coffre-fort des majors

C’est un séisme feutré qui vient de secouer les moquettes épaisses du Palais du Bord de Mer. Après six ans d’un enlisement qui frisait l’insolence, le dossier des Fonds destinés à la Restauration des sites miniers et pétroliers (Fonds REST) a trouvé son épilogue. Ce ne sont pas des technocrates qui ont tranché, mais un arbitrage politique musclé : le Chef de l’État a fait plier les majors pétrolières pour rapatrier ces capitaux qui dormaient dans des circuits offshores.

Pendant que nos experts s’épuisaient en arguties juridiques depuis 2020, les multinationales utilisaient l’argent de l’écologie gabonaise comme une trésorerie de secours. Ce rapatriement est présenté comme une victoire souveraine, mais il révèle surtout l’incroyable passivité historique d’un État qui laissait ses partenaires étrangers gérer ses propres garanties environnementales. Le « Modèle Gabonais » dont se gargarise la BEAC n’est rien d’autre qu’un coup de poing sur la table pour récupérer ce qui nous appartient.

La capitulation des majors cache cependant une révolution de doctrine à la Banque Centrale. Constatant son impuissance à imposer une règle commune en zone CEMAC, la BEAC abandonne le modèle centralisé. Désormais, c’est le « chacun pour soi » : chaque État mènera ses propres guérillas bilatérales avec ses pétroliers. Une décentralisation qui ressemble fort à un aveu d’échec pour l’intégration monétaire régionale, transformant la BEAC en simple spectateur technique.

Mais la question qui brûle les lèvres des analystes est financière : à quoi va réellement servir cet oxygène monétaire ? Dans un contexte de tensions budgétaires, la tentation est grande de voir dans ces fonds de restauration une cagnotte providentielle pour boucher les trous de la dépense publique. L’argent censé replanter des arbres et dépolluer les sols pourrait bien finir par payer des factures de fonctionnement, transformant une victoire écologique en un simple artifice comptable.

Et surtout, ne soyons pas dupes : dans le monde du brut, on ne rend jamais des milliards sans une contrepartie discrète. Quelles concessions fiscales ou quels nouveaux permis d’exploration ont été glissés sous la table pour obtenir ce « pliage » des majors ? Le retour de l’argent est une bonne nouvelle pour les réserves de change, mais le coût réel de cette « victoire » diplomatique reste, lui, soigneusement gardé dans le secret des coffres du Palais.

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