La contribution spéciale sur l’électricité est reconduite et renforcée : 6,95 milliards de fcfa attendus en 2026, contre environ 6,5 milliards de fcfa en 2025, soit près de +450 millions de fcfa sur un an. Dit autrement : la hausse annuelle attendue sur cette seule ligne représente quasiment le budget annuel d’un programme public de taille moyenne, mais elle est collectée “en silence”, par addition sur une facture. L’électricité devient ainsi non seulement un service, mais une assiette fiscale, ce qui change la lecture macroéconomique : l’énergie n’est plus uniquement un coût de production ou un poste ménages, c’est aussi un canal de recettes.
Là encore, la traduction dans le portefeuille est la clé. 450 millions de fcfa de hausse, c’est par exemple 450 000 factures supportant 1 000 de fcfa de plus sur l’année, ou 4,5 millions de factures supportant 100 de fcfa de plus, ou encore 150 000 abonnés supportant 3 000 de fcfa/an supplémentaires (soit 250 de de de de fcfa/mois). Même un montant “petit” à l’unité devient lourd au niveau national parce qu’il s’applique à une dépense universelle. Et ce n’est qu’un incrément ; le stock, lui, c’est 6,95 milliards : à titre d’ordre de grandeur, 1 milliard de fcfa d’électricité-taxation correspond à 1 million de factures à 1 000 de fcfa, ou à 100 000 abonnés à 10 000 de fcfa/an. On comprend vite comment ces contributions structurent la facture finale.
L’impact économique ne se limite pas aux ménages : l’électricité est un intrant transversal. Quand la facture énergétique monte, les coûts de production et de service montent aussi, boulangeries, ateliers, petits commerces, chaîne du froid, bars, restaurants, etc. Dans ces secteurs, la hausse se répercute rarement sous forme d’une “ligne taxe” visible ; elle se retrouve dans les prix : pain un peu plus cher, glace plus chère, frais de conservation, coûts de fonctionnement, et parfois réduction des horaires. Cette mécanique est connue : fiscaliser l’énergie accroît l’élasticité des prix en cascade, surtout dans une économie où l’énergie pèse fortement sur le coût de fonctionnement.
Dans les analyses institutionnelles, la question n’est pas de nier l’utilité de recettes stables, mais d’éviter que les services essentiels deviennent une variable d’équilibre systématique. Les juridictions financières notamment la Cour des Comptes, rappellent souvent qu’une fiscalité adossée à l’électricité doit idéalement s’accompagner d’une trajectoire d’amélioration de service (qualité, continuité, investissements), faute de quoi l’acceptabilité se dégrade.
En 2026, le sujet sera donc non seulement la hausse de la contribution (de 6,5 à 6,95 milliards), mais aussi la cohérence entre effort demandé et performance énergétique, car c’est cette cohérence qui conditionne le consentement et la capacité à absorber la charge.
Sur l’électricité, le Kenya offre un exemple utile : la facture d’électricité y intègre une série de taxes et prélèvements, en plus du tarif de base. Des décryptages locaux recensent plusieurs taxes/levies appliquées aux achats d’électricité, dont une TVA de 16%, mais aussi des prélèvements sectoriels (électrification rurale, régulation, eau, ajustements). Le résultat est connu : une part significative du total payé par l’usager provient d’éléments non liés au “kWh pur”, mais à la fiscalité et aux charges annexes.











