Le dernier Rapport CEMAC de la commission avant la suspension de ses activités, met en avant un indicateur clé souvent absent du débat public : le solde budgétaire primaire hors pétrole. Pour le Gabon, il s’est détérioré à -11,4 % du PIB hors pétrole en 2024, contre -8,8 % en 2023. En valeur absolue, cela correspond à un déficit structurel de plus de 1 000 milliards de fcfa, hors recettes pétrolières.
La Commission précise que cette détérioration est liée à une hausse rapide des dépenses primaires, qui a neutralisé l’effort de mobilisation fiscale. « L’accroissement plus prononcé des dépenses a absorbé la progression des recettes », indique le rapport. Autrement dit, malgré des recettes hors pétrole en hausse, l’équilibre structurel ne s’améliore pas.
À titre de comparaison, le Congo a limité son déficit primaire hors pétrole à -1,7 %, soit moins de 150 milliards de fcfa, tandis que la Guinée équatoriale a engagé une correction progressive sous programme FMI. Le Gabon apparaît ainsi comme l’un des pays où l’écart à la convergence s’est le plus creusé.
La Banque mondiale confirme d’ailleurs cette dynamique en montrant que les recettes publiques progressent moins vite que les dépenses dans la CEMAC, avec un différentiel moyen de 1,4 point de PIB, soit près de 1 300 milliards de fcfa à l’échelle régionale. Pour le Gabon, cela accroît mécaniquement le recours à l’endettement.
La Commission rappelle ainsi que « le respect des critères de convergence conditionne la crédibilité de la politique monétaire commune ». Le non-alignement gabonais n’est donc pas seulement national : il pèse sur la stabilité régionale dans son ensemble. Toute chose confirmée par plusieurs analystes dont le professeur Albert Ondo Ossa, qui indiquait encore récemment en filigrane, que la fragilité et le niveau d’endettement du Gabon fragiliserait l’ensemble de la région.











