Le gouvernement affirme qu’il n’y a « pas de bras de fer » avec le Fonds monétaire international (FMI). Pourtant, derrière cette communication rassurante, la réalité ressemble davantage à une négociation contrainte qu’à un partenariat équilibré. Avec une dette publique qui dépasse largement les 70% du PIB, soit le seuil jugé critique pour un pays dépendant des matières premières, le Gabon se trouve en position de faiblesse, en quête d’un appui financier devenu presque inévitable.
Les autorités invoquent un dialogue « pragmatique ». Mais ce pragmatisme ressemble surtout à une nécessité urgente de convaincre le FMI que les engagements de réforme seront tenus, après plusieurs années de retards, de renoncements et d’ajustements budgétaires incomplets. Le Fonds, lui, n’accorde plus le bénéfice du doute : il exige des garanties fermes, en particulier sur la maîtrise des dépenses publiques, la transparence des finances de l’État et la relance de secteurs productifs jusqu’ici marginalisés.
L’argument selon lequel le pays préserverait ses « marges de manœuvre » budgétaires apparaît fragile. La marge réelle est très réduite : entre un service de la dette croissant, une masse salariale lourde et des investissements publics en recul, le gouvernement dispose de peu d’espace sans concession majeure aux conditionnalités du FMI. Difficile, dans ces conditions, de revendiquer une pleine souveraineté économique.
Prouver la mise en œuvre des réformes
Quant aux réformes évoquées à savoir: rationalisation de la dépense, discipline fiscale, restructuration des entreprises publiques, elles ne sont pas nouvelles. Elles figurent dans les engagements pris lors des précédents programmes du FMI, dont plusieurs n’ont été appliqués que partiellement. Le véritable enjeu n’est donc pas d’en discuter à nouveau, mais de prouver leur mise en œuvre effective dans un contexte social tendu.
En réalité, il s’agit pour le Gabon d’un exercice périlleux, bien plus qu’un « équilibre délicat ». Le gouvernement doit obtenir un soutien financier vital sans provoquer une nouvelle vague de mesures impopulaires. Le pays cherche donc à préserver ses priorités sociales et de développement, mais celles-ci risquent d’être reléguées au second plan si les impératifs du FMI deviennent la boussole principale des politiques publiques. Dès lors, comment éviter que la relance économique se transforme en simple ajustement dicté de l’extérieur, au détriment des attentes nationales ? Le gouvernement a du pain sur la planche. Wait and see!








