Face à l’enlisement du conflit, les canaux institutionnels classiques semblent avoir atteint leurs limites. Selon plusieurs sources concordantes, des réseaux informels de médiation auraient été activés ces derniers jours pour tenter de désamorcer la crise éducative, en parallèle des discussions officielles. Ainsi, une nouvelle frange de SOS Éducation, menée par Honorine Angue Mintsa, présentée comme une figure montante du mouvement, aurait été reçue ce dimanche par Jean-François Ntoutoume-Emane, ainsi que par Paul Biyoghe Mba.
Ces échanges auraient eu pour objectif d’explorer des pistes de sortie de crise, en dehors du cadre strictement gouvernemental.
Ces démarches s’inscrivent dans une tradition bien ancrée au Gabon : lorsque les institutions peinent à convaincre, le pouvoir s’appuie sur des figures politiques, des notables ou des intermédiaires influents pour rétablir le dialogue.
Si cette méthode peut parfois débloquer des situations, elle comporte aussi des risques. Pour une partie des enseignants, ces médiations parallèles sont perçues comme une tentative de contournement de la base, voire comme une reproduction des pratiques opaques du passé.
La défiance est d’autant plus forte que les termes de ces discussions ne sont pas publics et ne font l’objet d’aucun mandat clair issu des assemblées générales. En mobilisant ces réseaux informels, l’État reconnaît implicitement la profondeur de la crise. Mais il prend aussi le risque d’alimenter la suspicion et de renforcer la fracture entre les différentes composantes du mouvement.











