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Gabon : dette hors plafond, la CEMAC tirait déjà la sonnette d’alarme

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Dans son Rapport de surveillance multilatérale 2024-2026, la Commission de la CEMAC relève que la dette publique du Gabon atteint 72,8 % du PIB en 2024, au-delà du seuil communautaire de 70 %. En valeur absolue, cela représente plus de 7 000 milliards de fcfa de dette publique, sur la base d’un PIB estimé autour de 9 600 milliards de fcfa. La Commission avertit que « le dépassement du seuil communautaire empêche l’appréciation de certains indicateurs de soutenabilité », soulignant une perte de visibilité sur la trajectoire réelle de la dette.

Cette alerte intervient alors que le Baromètre CEMAC 2025 de la Banque mondiale montre un retour généralisé des déficits budgétaires. À l’échelle régionale, le déficit moyen de la CEMAC atteint 1,3 % du PIB en 2025, soit environ 1 200 milliards de fcfa, après plusieurs années d’ajustement. Pour le Gabon, la fin des excédents liés aux hydrocarbures signifie un retour à un besoin de financement annuel estimé à plus de 300 milliards de fcfa.

La Commission précise que la vitesse d’endettement du Gabon n’est plus calculable dans le cadre communautaire du fait du dépassement du seuil. Ce signal est lourd de sens : cela signifie que la dette progresse plus vite que la capacité de remboursement structurelle. En clair, chaque point de PIB supplémentaire d’endettement représente environ 96 milliards de fcfa, ce qui réduit rapidement les marges budgétaires.

La Banque mondiale souligne par ailleurs que les dépenses publiques dans la CEMAC atteignent 20,2 % du PIB, contre 18,8 % pour les recettes, soit un écart d’environ 900 milliards de fcfa à l’échelle régionale. Pour le Gabon, cette dynamique alimente mécaniquement le recours à l’endettement, alors même que le service de la dette absorbe déjà une part croissante des ressources budgétaires.

En pointillés, la Commission appelait à des « mesures vigoureuses et soutenues de consolidation budgétaire ». La suspension ultérieure de ses activités donne une portée particulière à cet avertissement : l’institution chargée d’anticiper ces dérapages avait clairement identifié un risque qui, en valeur absolue, se chiffre désormais en milliers de milliards de de fcfa.

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