L’affaire SATRAM EGCA est en train de devenir le plus grand scandale social de Port-Gentil. Avec 60 mois d’arriérés de salaires, soit cinq ans sans paie pour certains employés, la situation dépasse l’entendement. Les travailleurs dénoncent une « manœuvre orchestrée » visant à vider les entreprises de leur substance financière pour éviter une liquidation qui obligerait au paiement des dettes sociales, estimées à plus de 25 milliards de fcfa.
Les zones d’ombre entourent la gestion de la société Alogis et les cessions d’actifs controversées opérées ces dernières années. Comment une entreprise leader du secteur logistique a-t-elle pu sombrer dans un tel naufrage sans que les autorités de régulation n’interviennent plus tôt ? Pour les grévistes, l’incompétence managériale ne suffit pas à expliquer l’ampleur du désastre ; ils soupçonnent une stratégie délibérée de faillite pour échapper aux créances salariales.
Le silence des autorités judiciaires face à cette détresse humaine est de plus en plus pesant. Les employés, réduits à la mendicité après des décennies de service, demandent aujourd’hui des comptes et des sanctions exemplaires contre les gestionnaires. Le montant vertigineux des dettes (16 milliards de créances salariales) rend toute reprise d’activité illusoire sans une intervention directe et musclée de l’État.
Ce dossier est un test pour la justice gabonaise dans l’ère du CTRI. Si les responsables de SATRAM EGCA ne sont pas inquiétés et que les actifs continuent d’être transférés dans l’opacité, c’est le signal que l’impunité des dirigeants d’entreprises reste la norme. Le scandale financier se double d’une tragédie sociale qui fragilise la stabilité de la capitale économique.
SATRAM est le symbole d’une ère de gestion prédatrice où les travailleurs sont les variables d’ajustement. Entre faillite organisée et incompétence notoire, la frontière est mince, mais le résultat est le même : des milliers de familles sacrifiées sur l’autel de l’opacité financière. L’heure de la reddition des comptes a sonné, et le Gabon regarde si la justice osera s’attaquer à ce dossier explosif.














