spot_img

Notre devoir, servir la vérité.

spot_img

Gabon : fret aérien, la menace invisible sur nos assiettes

C’est le maillon faible de notre souveraineté, le fil invisible qui relie l’estomac du Gabonais aux hubs logistiques de Roissy ou de Dubaï. Le fret aérien est sous haute tension, et avec lui, le prix de tout ce que nous consommons. La DGCCRF avoue enfin vouloir « y voir clair » dans une chaîne de coûts devenue illisible, où les taxes aéroportuaires et les marges des transitaires s’empilent comme des dominos sur le ticket de caisse final.

Dans un pays qui importe plus de 80% de ses denrées alimentaires, le moindre soubresaut du kérosène mondial se transforme en inflation galopante sur les étals de Mont-Bouët. Résultat, notre sécurité alimentaire ne dépend pas de nos champs, mais de la fluidité d’un tarmac. On parle de « Gabon Vert », mais on mange « Air France Cargo ». Chaque hausse tarifaire des compagnies aériennes est une ponction directe sur le pouvoir d’achat des ménages.

L’agitation actuelle autour de la transparence des coûts cache une réalité plus sombre : l’impuissance de l’État face aux géants du transport. Le Gabon est une destination de « niche », coûteuse et logistiquement complexe. Les transporteurs dictent leurs lois, et le consommateur gabonais paye la « taxe d’isolement ». La volonté de réguler les tarifs de fret ressemble fort à un coup d’épée dans l’eau face à des dynamiques de marché mondialisées.

Pourquoi cette menace reste-t-elle « invisible » ? Parce qu’on préfère blâmer le boutiquier du coin pour la hausse du prix du lait plutôt que d’analyser la structure des coûts aéroportuaires. La bureaucratie gabonaise, avec ses multiples taxes et formulaires, alourdit elle-même le fardeau. C’est le paradoxe d’un État qui veut lutter contre la vie chère tout en prélevant sa dîme sur chaque kilo de fret qui touche le sol.

L’issue est connue : tant que la logistique ne sera pas repensée et que la production locale restera marginale, nous serons les otages du ciel. Le fret aérien est le thermomètre de notre dépendance. Si la DGCCRF échoue à faire baisser la pression, le « panier de la ménagère » continuera de s’envoler, non pas par manque de marchandises, mais par excès de coûts invisibles accumulés entre l’avion et l’assiette.

le coup de coeur

Derniers Articles

spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img
spot_img