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Gabon : importations, KarPowerShip, Aggreko… pourquoi le pays subit encore les délestages malgré l’empilement des “solutions”?

le coup de coeur

Malgré la multiplication des dispositifs censés “éteindre la crise”, les coupures d’électricité restent un fait quotidien pour une partie des ménages et des entreprises, surtout dans le Grand Libreville et au delà. Les autorités et la SEEG parlent de délestages “techniques” pour protéger le système lorsque la demande dépasse (ou se heurte à) les capacités disponibles, tandis que plusieurs épisodes récents ont ravivé la colère publique, avec des perturbations qualifiées de “fortes” par l’opérateur lui-même.

Le Gabon a lancé l’interconnexion avec la Guinée équatoriale sur une trajectoire annoncée à 10 MW en trois phases, avec 3 MW importés dès le démarrage pour le Woleu-Ntem, et une promesse d’alimenter progressivement plusieurs localités du nord (Bitam, Oyem, etc.). Sur le plan financier, Libreville a déjà réglé plus de 270 millions de fcfa à Malabo, signe que le mécanisme est entré dans sa phase commerciale, même si la question de la discipline de paiement demeure, en toile de fond, dans ce type de contrat transfrontalier.

Karpowership : la solution choc

Dans le Grand Libreville, le partenariat avec le turc KarPowerShip était présenté comme la solution “choc”. Le schéma vise à injecter une puissance additionnelle (souvent citée à 150 MW dans la communication autour du dispositif), mais la mise en régime a été heurtée par des contraintes de raccordement, de synchronisation et des arrêts programmés liés à l’intégration d’unités et aux travaux sur l’interface réseau. C’est d’ailleurs l’un des nœuds du dossier : même quand la capacité de production est annoncée, l’acheminement effectif vers les quartiers dépend du transport et de la distribution, terrains où la SEEG reconnaît des fragilités. 

Dans le même temps, Aggreko, “pompier” historique devenu pilier structurel a refaire surface. L’épisode d’août 2024, lorsque le groupe a menacé de réduire/arrêter sa fourniture en raison d’environ 15 milliards de fcfa d’impayés et a effectivement abaissé une partie de la puissance sur une centrale d’environ 25 MW, a exposé la vulnérabilité du système : quand les prestataires sont payés tard, la capacité disponible peut se contracter immédiatement. 

Des difficultés sur l’acheminement et la stabilité du système

Côté SEEG, entre crise de gouvernance, impayés, et déficit structurel et infrastructurel, aucune solution n’émerge. Au final, l’empilement importations + bateaux-centrales + groupes mobiles ne traite qu’une partie du problème : le “goulot” se déplace vers le réseau (transport, postes, distribution), la maintenance et la gouvernance financière de la chaîne électrique. La SEEG a d’ailleurs elle-même expliqué que certaines perturbations récentes relevaient moins d’un manque brut de production que de difficultés sur l’acheminement et la stabilité du système. Tant que ces maillons restent sous-dimensionnés (ou sous-entretenus), chaque incident technique, arrêt programmé, retard de paiement ou contrainte hydrologique peut suffire à réactiver les délestages, même avec des MW supplémentaires annoncés.

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