Les cambriolages à répétition à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) ne surprennent plus vraiment. Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2025, le siège de l’institution a de nouveau été la cible d’une effraction. Un épisode de plus dans une série d’incidents troublants qui jettent une ombre sur la gouvernance et la sécurité de cette structure censée garantir la solidarité nationale.
Ce n’est pas une première. En septembre dernier, des disques durs contenant les fichiers de paie du personnel avaient été volés à la direction des ressources humaines, sans trace d’effraction. Quelques mois plus tôt, un incendie inexpliqué avait déjà touché un bâtiment administratif. Ces événements récurrents interrogent : hasard malheureux ou sabotage interne ? D’autant que la CNAMGS gère des données sensibles et des flux financiers considérables liés à la couverture santé de plus d’1,7 million de Gabonais.
À cela s’ajoute une crise de gouvernance. Début octobre, la directrice générale Nadia Christelle Koye a été suspendue pour “faits graves et répétés”, selon un communiqué du conseil d’administration. Elle a depuis été écartée définitivement de la direction, laissant place à un intérim chargé de rétablir la transparence et de restaurer la confiance. Cette vacance de direction, en plein contexte de tensions internes, ne fait qu’alimenter les soupçons autour de possibles manipulations internes.
Sur le terrain, le climat social s’est nettement détérioré. Les syndicats dénoncent un management autoritaire, des retards de paiement et des conditions de travail dégradées. Le principal syndicat, le SYNA-CNAMGS, parle d’un « environnement délétère » et accuse certains cadres de « sabotage institutionnel ». Entre perte de confiance, fuites d’informations et climat de suspicion, la CNAMGS apparaît désormais plus vulnérable que jamais.
Reste à savoir jusqu’où ces dysfonctionnements iront avant que l’État ne prenne une décision ferme. L’institution censée protéger les Gabonais face à la maladie semble aujourd’hui avoir besoin d’une protection elle-même. À ce stade, le mystère reste entier : la CNAMGS est-elle victime d’une série noire… ou simplement des conséquences de sa propre désorganisation ? Affaire à suivre.








